A Bruges, le Collège d'Europe au défi de l'euroscepticisme
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Niché entre les canaux de la ville de Bruges, en Belgique, le Collège d'Europe fêtera ses 70 ans cette année.
C'est ici que sont formés bon nombre des futurs cadres des institutions européennes, dans cette bulle studieuse un peu coupée du monde.
Pourtant, la montée des voix critiques sur l'Europe est arrivée jusqu'aux portes des salles de classe.
Bill Rovilos, étudiant grec au Collège d'Europe :
"Il y a pas mal de gens ici qui sont critiques de l'UE. Ils ne sont pas eurosceptiques, mais eurocritiques. Et c'est très important de maintenir cette différence."
Le Collège d'Europe accueille environ 330 étudiants, issus d'une soixantaine de nationalités différentes, et qui vivent ensemble sur le campus.
Si tous les élèves ont un intérêt pour l'UE, beaucoup d'entre eux préfèreront rejoindre ensuite de grandes entreprises ou des ONG.
Quant à ceux qui se destinent à une carrière dans les institutions européennes, ils savent qu'un gros défi les attend.
Louise Guillot, étudiante française au Collège d'Europe :
"Je pense qu'il y a encore des choses à améliorer, à démocratiser, pour faire de l'Union européenne un projet davantage politique que la construction économique que l'on a eu jusqu'à maitenant, et qui soit plus proche des citoyens vraiment."
Du côté des enseignants, il a également fallu adapter les cours aux récentes crises politiques qui ont secoué le continent.
Vincent Delhomme, assistant académique au Collège d'Europe :
"Le Brexit baigne dans tous les sujets de cours, dans toute les discussions, c'est vraiment, cette année encore, avec tous les développements, on n'en sort pas vraiment quoi. Mais ça a eu un petit effet quand même, sur l'envie d'Europe, forcément."
Cette envie d'Europe, c'est ce que le Collège veut transmettre depuis sa création, en 1949.
C'est pourquoi la direction de l'école cherche désormais à transformer son enseignement, pour mieux répondre aux critiques adressées à l'Union européenne.
Jörg Monar, directeur du Collège d'Europe :
"Il faut être plus transparent. Il y a vraiment aussi l'idée de "comment transmettre vos idées à quelqu'un qui n'y connaît rien". Parce que je pense que ça va être de plus en plus important dans leur carrière, dans le futur."
Malgré cela, difficile pour le Collège d'Europe de se départir de son image d'institution élitiste.
L'admission y est extrêmement sélective, et il faut débourser près de 25.000 euros pour dix mois de cours.
Ce qui ne décourage pas quelque 1.000 candidats de tenter d'y rentrer chaque année.
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