A La Butte Pinson, une alternative à la prison ferme
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Samir a 44 ans. Condamné pour conduite sans permis avec récidive, ce père de famille a eu le choix : c’était la prison ou 80 heures de Travaux d’Intérêt Général - ou TIG - ici, à la Ferme de la Butte Pinson dans le Val d’Oise :
Samir, 44 ans, condamné à 80 heures de TIG :
" J’ai préféré prendre les travaux d’intérêt généraux, ce qui parait logique, plutôt que de subir une incarcération qui n’a finalement aucune utilité ni pour moi ni pour la société : Je suis un boulet, je vais rester allongé toute la journée dans une prison à regarder la TV et à occuper mon temps je-ne-sais-comment. Là, contrairement, bah je me sens un petit peu plus utile. J’ai l’impression que ma peine, elle sert à quelque chose. "
Comme Samir, ils sont une dizaine de TIG à faire fonctionner le site avec des bénévoles et des fermiers :
Nourrir les bêtes, recycler les déchets, entretenir les espaces verts avec l’éco-pâturage : le travail ne manque pas.
Les visiteurs non plus : Chaque année, 25.000 scolaires viennent découvrir la vie de la ferme ici.
Ses enfants, Samir les retrouve chaque soir, chez lui. Et non dans un parloir.
Le TIG lui permet aussi de continuer à développer ses deux entreprises dans la restauration et le bâtiment.
Julien Boucher, directeur des Fermiers de la francilienne :
" On s’est rendu compte que, finalement, très peu de postes de TIG étaient disponibles sur ces territoires-là alors que beaucoup de personnes sont condamnées. // Les TIG qu’on nous affecte, il y a à peu près 80 % d’inactifs. Les 20 % qui ont un boulot vont venir le week-end. Le reste du temps, on va se servir de cette contrainte judiciaire pour les réinsérer dans un cadre collectif, leur apprendre les codes de l’entreprise que beaucoup sont, enfin ils connaissent très, très mal le monde de l’entreprise. Et là, on va fonctionner comme un sas vers l’emploi. "
Il y a trois ans, ces terrains étaient en friche. Depuis, cinq autres de ces fermes ont ouvert en région parisienne.
C’est ici que la Garde des Sceaux a choisi de présenter cette semaine la future Agence nationale pour le Travail d’intérêt général.
Ouverture prévue le 10 décembre avec une mission : favoriser cette alternative à la prison.
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