A la Cité U de Paris, la crise sanitaire plonge des étudiants étrangers dans la précarité

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Retour de courses pour Jesus Alejandro. Sauf que cet étudiant na pas été au supermarchéMais aux Restos du coeur. Le Vénézuélien de 24 ans, arrivé en France à Paris à la veille du premier confinement, a perdu son petit boulot dans un fast food. Alors aujourdhui, son chômage partiel et son allocation logement ne lui suffisent plus pour vivre.

 
Jesus Alejandro, étudiant vénézuélien en master d'ingénierie numérique :
« Mon loyer est de 577 euros ici à la Maison des Arts et Métiers et je reçois l'aide de la CAF qui est de 308 euros, mais en plus, je dois envoyer de l'argent à ma famille parce que c'est mon obligation morale d'aider mes parents, mes frères. Après cela, il ne me reste plus qu'environ 120 euros par mois.
 
Amna aussi a du se résoudre à s'approvisionner aux Restos du coeur. Mais comme beaucoup détudiants dans la précarité, elle préfère ne pas y être filmée. Ingénieure en génie civil, la jeune Tunisienne a vu tous les chantiers suspendus pendant le confinement et a fini par accepter un poste de caissière en supermarché. Mais à 29 ans et après dix années détudes, elle supporte très mal ce déclassement.
 
Amna, étudiante tunisienne en génie civil :
« Mes amis mont aidée un peu, avec des petits moyens, 20 euros, 30 eurosPour manger quoi ! Quoi dautre ? Jai pris un autre prêt bancaire, mais cétait pas un prêt étudiant, avec un taux dintérêt de 10% parce que jétais obligée et la banque, elle a profité."
 
Laisser entrer les Restos du coeur pour aider les étudiants, c'est du jamais vu à la Cité internationale. La fondation privée, presque centenaire, accueille 6.000 étudiants, dont 80% détrangers, souvent avec des parcours dexcellence.
 
Laurence Marion, déléguée générale de la Cité internationale :
« Nous avons identifié près de 800 étudiants qui sont en difficulté et en demande daide, ce qui est bien plus important que ce quon connait en temps normal. On peut dire quil y a environ quatre à cinq fois plus détudiants qui sont en situation de précarité aujourdhui à la Cité internationale. »
 
Danielle fait partie de ceux-là. Cette ingénieure agronome libanaise est diplômée depuis février. Mais avec le coronavirus, l'étudiante narrive pas à trouver demploi stable, juste quelques stages peu rémunérés. La crise au Liban empêche sa famille de laider. Résultat : elle aussi est obligée de faire appel à laide alimentaire.

Danielle, ingénieure agronome libanaise :
« Pour moi, les Restos du coeur, cétait une association qui aidait les personnes exclues de la société et qui avaient des difficultés. Et je ne mimaginais jamais quaprès toutes ces études et après tous les stages que jai fait et tout ce que jai donné, me retrouver dans une situation pareille, aussi rapidement, juste à cause dun virus !
 
Et puis, il y a ceux qui sentent la colère monter. Inscrite en doctorat de philosophie, Manuella a du arrêter ses spectacles de danse avec la fermeture des bars. Aujourdhui, cette psychanalyste brésilienne vit avec 300 euros par mois.
 
Manuella, étudiante brésilienne :
« Nous sommes totalement oubliés. Je crois que la seule aide que je reçois, cest justement cette aide des Restos du cœur
 
Conscient de cette précarité croissante, le gouvernement vient dannoncer de nouvelles mesures durgence pour les étudiants. La Cité internationale promet, elle aussi, quelle va multiplier ses aides. Mais ses finances sen ressentent. Alors, pour la première fois de son histoire, elle lance un appel aux dons auprès du grand public.

This article was published Wednesday, 9 December, 2020 by AFP (568 words)
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