A Paris, la folie spéculative autour des "sneakers" rares
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Le téléphone dernier cri?
Une place en avant-première?
Non.
Aujourd'hui ils attendent tous pour une paire de sneakers.
Mais attention.
Ils ne viennent pas l’acheter.
Mais s'inscrire à une raffle, autrement dit un tirage au sort pour gagner le droit de pouvoir l'acheter.
Et souvent, pas dans le but de la porter.
Dalil, étudiant, particpant au tirage au sort pour une paire de sneakers :
"Ca ne m'intéresse pas de la garder. Je préfère la revendre parce que payer une paire 250 euros, moi déjà pour la payer c'est dur. Et du coup j'ai besoin de sous donc je la revends."
Dalil, étudiant, particpant au tirage au sort pour une paire de sneakers :
"Y'a moyen de se faire un bon billet. 300% de bénef j'espère en tous cas. Achetée 250, revendue peut-être 1.000, au moins."
Réservées aux initiés dans les années 90, les sneakers haut de gamme se sont généralisées ces dernières années.
Et le marché de la revente a explosé, alimenté par les grandes marques, qui multiplient les sorties et collaborations avec les rappeurs et sportifs à la mode.
Il est si lucratif, que certains chasseurs de sneakers embauchent même des jeunes pour faire la queue à leur place.
Julien Ojea, alias Larry Deadstock, a lui ouvert une boutique dédiée à ce marché.
Il est sur le coup, à chaque nouvelle sortie.
Julien Ojea, alias Larry Deadstock, revendeur de sneakers :
"Alors la grosse nouveauté aujourd'hui, c'est la Jordan 6 Travis Scott, c'est une paire en collaboration avec un rappeur américain qui s'appelle Travis Scott. C'est un modèle assez rare, tous les gens se l'arrachent. On a réussi à en avoir pour l'instant une dizaine de paires. Je pense qu'on va encore en avoir d'ici ce week-end quelques unes."
"Le prix est aux alentours des 1.000-1.300 euros selon les tailles."
1.300 euros... près de 5 fois le prix d’achat.
Larry fait du dépôt-vente.
Des clients lui apportent des paires rares. Il se charge de les vendre pour eux, leur reverse l'argent, tout en s’appliquant une marge.
Il a déjà vendu une paire 6.000 euros.
Julien Ojea, alias Larry Deadstock, revendeur de sneakers :
"Tout le monde rêve d'avoir la paire inaccessible que son voisin n'aura pas. C'est la course chaque semaine à essayer de récupérer les baskets les plus rares."
Une course qu'Amel a bien connue.
La jeune femme de 33 ans possède 550 paires.
Aujourd'hui blogueuse et auteure d'un livre sur les sneakers, elle porte un regard assez critique sur l'évolution du monde de la basket.
Amel Mainich Moreaux, collectionneuse de sneakers et blogueuse :
"A l'époque quand une paire sortait, la première chose qu'on voulait faire c'était la porter dans la seconde... moi je repartais avec ma paire aux pieds. Je laissais l'ancienne dans ma boîte de baskets et puis j'avais la neuve aux pieds. Aujourd'hui, il n'y a plus ça. On ne veut pas la porter parce qu'on a peur qu'elle perde de la valeur à la revente. (...) Y' a ce côté passion qui est un peu diminué à cause du business."
En France, les ventes de baskets ont dépassé pour la première fois en 2018 celles de chaussures de ville.
Une frénésie qui ne montre pas de signes d'usure.
Amel Mainich-Moreaux, collectionneuse de sneakers et blogueuse :
"130 euros pour ça (elle montre des baskets pour bébés, ndlr) c'est énorme. C'est énorme. Mais voilà, l'addiction..."
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