A Paris, les sapeurs-pompiers submergés d'appels abusifs
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Lorsque les sapeurs pompiers de Paris arrivent à cette adresse, c'est pour une urgence : une femme de 94 ans se plaint de douleurs abdominales.
A l’examen, les douleurs de Raymonde s’avèrent d’une toute autre nature.
- Pompier : "Ca fait plus d’un mois ?
- Raymonde : Oh oui !
- Pompiers : Ca fait combien de temps ? Un an ?
- Raymonde : Oh oui.
- Pompier : D'accord.
- Raymonde : J’étais toute seule, là, comme une âme en peine."
Avec l'aval du médecin, les pompiers ne la conduisent pas à l’hôpital et contactent sa fille.
Benjamin, sergent chez les sapeurs-pompiers de Paris :
"C’est une facilité, oui pour beaucoup gens. La solitude, une détresse, voilà, peu importe. Les gens appellent le 18, un peu pour tout et n’importe quoi // Concrètement, on s’en passerait bien. Typiquement, c’est pas notre coeur de métier. On n’est pas là pour… Enfin. Après, voilà, les gens, dans leur détresse, ils n'ont qu’un numéro en tête, c’est le 18"
A Paris et en petite couronne, tous les appels pour le 18 mais aussi le 17 et le 112 sont traités par une plateforme unique.
Ici plus d’un million de demandes de secours sont reçues chaque année.
Les appels sont filtrés selon leur nature et leur degré d’urgence.
Pompier : "A quelle adresse ?"
Les sapeurs-pompiers du centre opérationnel doivent recueillir un maximum d’informations. Et peuvent décider de déclencher ou non une intervention.
Pompier : « OK, très bien, bon on arrive, d’accord ? Vous ne quittez pas ? On est en route, hein ? »
Car beaucoup d'appels ne concernent pas une urgence vitale.
Pompier : "Dans ce cas-là monsieur, par rapport au problème, je vous invite à contacter un plombier. Nous, les pompiers, on va pas venir fermer la vanne d’eau."
Alexis, caporal chez les sapeurs-pompiers de Paris :
"Quand on leur explique que ce n’est pas une urgence de pompiers, que c’est pas une détresse vitale, les gens ne comprennent pas. Il y a des personnes qui vont jusqu'à nous dire : "Je paye mes impôts, je donne de l'argent au calendrier des pompiers donc j'estime que vous devez venir", etc."
Les interventions du 18, gratuites et rapides, certains n’hésitent pas à en abuser, au risque de ralentir les secours pour des appels plus urgents.
Un grand classique : les ouvertures de portes, pour éviter de payer un serrurier. Mais attention : en cas d’abus, ces dernières peuvent désormais être facturées.
Un tiers des appels, voire la moitié dans certaines régions, sont considérés comme abusifs par la Fédération nationale des sapeurs pompiers.
Reste que sauver des vies ou répondre présent fait partie intégrante de leur mission.
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