A Venise, les fabricants de gondoles ont du vague à l'âme
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A Venise, les fabricants de gondoles ont du vague à l'âme.
Il n'en reste qu'une poignée à Venise, nichés dans quelques recoins de la lagune: les "squeri", petits chantiers navals fabriquant les célébrissimes gondoles, comptent sur le retour des touristes, gage de salut pour leur activité ancestrale.
De la multitude qui peuplait Venise au temps du peintre Canaletto, connu pour ses panoramas de la Sérénissime au XVIIIe, seuls quatre squeri ont survécu jusqu'à aujourd'hui, tous à l'arrêt ou presque depuis que l'épidémie de coronavirus a vidé la cité de ses gondoles.
"Venise sans les gondoles est sombre, elle n'a plus de sens", se désole Roberto Dei Rossi, l'un des rares charpentiers à perpétuer la tradition des "squeraioli", les constructeurs de ces barques noires et allongées, uniques au monde.
"A chaque fois que j'en mets une nouvelle à l'eau, c'est comme assister à une naissance, c'est ma création", sourit ce Vénitien de 58 ans. Il dit produire quatre à cinq gondoles par an, chacune étant fabriquée entièrement à la main pendant près de 400 heures de travail.
Leurs acquéreurs sont presque exclusivement des gondoliers qui doivent débourser entre 30.000 et 50.000 euros, selon la finition, pour devenir propriétaire de ce qui deviendra leur outil de travail, réalisé sur mesure et adapté au poids de chacun.
Privés d'amoureux pour cause de crise sanitaire, et après la crue historique de fin 2019 qui avait déjà porté un coup au tourisme, les gondoliers ont du vague à l'âme. Les masques qu'ils doivent aujourd'hui porter sont loin d'être aussi flamboyants de ceux du carnaval.
Cette longue période de chômage forcé a eu logiquement des répercussions sur l'activité des ateliers de marine qui construisent mais aussi assurent l'entretien des gondoles.
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