Algérie: la contestation pas dupe des manœuvres du pouvoir autour de la CAN

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Algérie: la contestation pas dupe des manœuvres du pouvoir autour de la CAN.

En organisant un "pont aérien" pour emmener les supporters des Fennecs en Egypte, le pouvoir algérien semble espérer se réconcilier avec une population qui réclame son départ depuis cinq mois. Mais les protestataires disent n'être pas dupes.

Vendredi soir, l'équipe nationale jouera au Caire la finale de Coupe d'Afrique des Nations (CAN-2019). Malgré le match, le mouvement inédit de contestation qui agite l'Algérie depuis le 22 février reste mobilisé pour un 22e vendredi de manifestations hebdomadaires demandant le départ des dirigeants hérités des 20 ans de présidence d'Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril.

L'Etat a tenu "à mobiliser tous les moyens matériels et humains disponibles pour satisfaire" la demande des supporters de "faire le déplacement pour encourager" leur équipe, a expliqué le Premier ministre Noureddine Bedoui - une des têtes de turc des manifestants, en annonçant que 28 avions affrétés par le gouvernement et l'armée transporteront plus de 4.500 supporters vers le stade de la finale.

"Le pouvoir veut mettre à profit l'élan populaire envers cette équipe, dans l'espoir de diminuer la pression que fait peser sur lui tous les vendredis le "Hirak"", le mouvement de contestation, analyse Noureddine Bekkis, enseignant en sociologie politique à l'Université d'Alger. Mais "ces avions vont partir avec des jeunes du Hirak" qui "à la fin de la CAN (...) reviendront manifester chaque semaine".

"Le pouvoir escompte des dividendes, alors qu'ils reste sourd aux revendications" des manifestants, explique à l'AFP Yazid Ouahib, chef de la rubrique Sport du quotidien francophone El Watan, mais "c'est une forme de corruption" qui n'aura "aucun impact sur le mouvement populaire", car depuis "le 22 février, le peuple a montré qu'on ne peut pas se jouer de lui".

Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels à ne pas profiter des avions du régime ont fleuri, sans grand succès, des milliers de jeunes supporters se massant mardi pour s'inscrire auprès de l'organisme chargé du déplacement.

This article was published Friday, 19 July, 2019 by AFP (322 words)
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AFP/Archives / RYAD KRAMDI Des manifestants participent à une action de protestation contre les dirigeants algériens, le 9 juillet 2019 à Alger


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