Blanquefort: plan social lancé après le feu vert de l'administration
Si vous ne connaissez pas un mot, surlignez-le avec votre souris et cliquez sur “Translate” pour le traduire dans la langue de votre choix.
Blanquefort: plan social lancé après le feu vert de l'administration.
Bordeaux (AFP) - Le processus de fermeture de l'usine Ford de Blanquefort s'est enclenché mardi après l'approbation par l'administration du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de ce site industriel emblématique de la Gironde aux 850 salariés.
Ford France a annoncé dans la nuit de lundi à mardi l'homologation du PSE par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte). Dans un communiqué, le constructeur a salué une "étape importante" permettant de "lever une partie des incertitudes qui pesaient sur nos employés quant à leur avenir".
Dès mardi matin, la CGT de cette usine qui produit des boîtes de vitesse près de Bordeaux a annoncé son intention de contester ce plan devant le tribunal administratif.
"Le PSE n'a aucun fondement, aucune justification économique", a dénoncé le syndicat dans un communiqué. "Ce que le gouvernement n’a pas pu faire ou pas su faire ou pas voulu faire, nous allons le tenter. Nous allons attaquer en justice pour faire invalider ce PSE".
Alors que le gouvernement s'est beaucoup impliqué dans ce dossier, sans grand succès, le ministre de l'économie Bruno Le Maire a annoncé mardi que Ford allait payer, en plus du coût du plan social "généreux" et "protecteur des salariés" qu'il a estimé à 165 millions d'euros, 20 millions d'euros supplémentaires pour la "réindustrialisation" du site et une somme non précisée pour sa "dépollution".
"Cela permet de voir l'avenir du site de Blanquefort avec confiance, en se disant qu'il y a des projets qui peuvent se construire sur la base de ces engagements pris par Ford", a indiqué le ministre de l'Economie pour qui faire payer Ford était "l'urgence aujourd'hui".
La CGT Ford Blanquefort, et son délégué Philippe Poutou, dénoncent de simples "postures combatives" pour faire oublier un Etat "impuissant" à faire plier le constructeur. Le syndicat demandait à l'Etat de "prendre le contrôle de l'usine" et de "réquisitionner le parc machines".
Ces derniers jours, après le refus par Ford de la dernière offre du seul repreneur en lice, le Strasbourgeois Punch-Powerglide, le président Emmanuel Macron avait dénoncé le "cynisme" du groupe américain et assuré que l'Etat allait "forcer l'entreprise à revitaliser" le site et "donc à investir pour sa conversion industrielle".
- "Risque de précarité" -
Aux termes du PSE, dont une première mouture avait été rejetée par l'administration fin janvier, entre 300 et 400 salariés -selon des sources syndicales- pourraient être éligibles à la préretraite, dans une usine à la moyenne d'âge de 51 ans. Quelques dizaines d'autres seraient reclassés dans l'usine voisine GTF, codétenue par Ford et le canadien Magna.
Le reste, environ 400 à 500 salariés, devraient être licenciés avec 2 à 3 ans d'accompagnement et de couverture chômage, selon les syndicats. Mais pour les moins reclassables et loin de la retraite, "le risque de la précarité" est au bout de ce délai, selon la CGT.
Le PSE, selon des sources proches du dossier, porterait sur une moyenne de 190.000 euros par salarié. Un chiffre contesté par les syndicats, pour lesquels ce "budget" moyen masque en outre de fortes disparités.
Ford a pour sa part salué un plan social "très complet" qui comprend "à la fois, un plan reclassement et de retraite anticipée" et "des mesures visant à aider les salariés à retrouver un emploi salarié, à créer leur propre entreprise ou encore à bénéficier de formations de reconversion".
La production de boîtes de vitesse, qui tourne depuis des mois au ralenti, devrait cesser fin août, estiment les syndicats.
Selon des sources syndicales, une part croissante du personnel, quoique ulcérée par le désengagement de Ford, avait peu à peu basculé en faveur du PSE, à la fois pour ses conditions jugées plutôt correctes pour le secteur (métallurgie), et par lassitude des faux espoirs soulevés par l'offre de reprise.
Ford avait annoncé en février 2018 son intention de se désengager de Blanquefort, usine implantée en 1972 qui a employé jusqu'à 3.600 salariés. Mais la fermeture devrait impacter l'emploi girondin plus largement, en raison, selon les syndicats, d'environ 2.000 emplois induits.
Accédez à l'intégralité de l'article, choisissez un abonnement
L'entrée du site Ford de Blanquefort, le 18 février 2019 © AFP/Archives GEORGES GOBET