Coup dur pour les éleveurs français mis à la diète par l'UE
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Jean-Luc et Alban sont éleveurs de charolaises dans les Deux Sèvres. 313 têtes à leur actif, pour cette famille d’éleveurs de père en fils. Ici, impossible de faire autre chose que de l’élevage
Alban JAULIN, éleveur dans les Deux-Sèvres :
« C’est typiquement des sols qui ne sont pas cultivables, y’a 10 cm de terre, on voit les rochers à fleur de terre, y’a vraiment que les vaches pour valoriser ces endroits-là. »
A cause de cet handicap naturel, une large partie du département est classée en zone agricole défavorisée depuis 1976. Un classement qui permet aux exploitants d’obtenir une aide financière de l’Union Européenne. Mais Bruxelles a demandé à la France de remodeler cette carte cette année. Les Jaulin n’en font désormais plus partie.
Alban JAULIN, éleveur dans les Deux-Sèvres :
« On ne comprends pas comment ce redécoupage a été fait, c’est injuste pour nous ».
Dans cette famille, la perte s’élève à 16.000 euros par an. C’est la douche froide, ils venaient d’emprunter 300.000 euros pour s’agrandir.
Alban JAULIN, éleveur dans les Deux-Sèvres :
« Ca représente le revenu d’une personne ! On ne s’y attendait vraiment pas du tout. C’est un peu dur à avaler, à accepter, et puis de se dire qu’on avait quand même créé un projet, on a investi, on a calé nos annuités en fonction de ça, et puis on se rend compte à la fin, on nous les supprime … »
Les Deux-Sèvres, c’est le grand perdant de ce redécoupage: seules une centaine d’exploitations restent en zone défavorisée, contre plus de 1.000 auparavant. Les leaders syndicaux ont fait les comptes: avec cette nouvelle carte la viabilité de certaines exploitations est compromise.
Alain CHABAUTY, président de la FDSEA 79 :
"Pour certains c’est un coup de massue, peut-être que tout monde n’en a pas encore conscience, puisque la diminution est progressive, déjà en 2019, on ne touchera que 80% de ce qu’on avait précédemment, en 2020 simplement 40% et en 2021 zéro !"
Depuis quelques années, ce leader syndical avait senti la menace d'un redécoupage. Avec son fils, il se diversifie et s'est lancé dans l’élevage hors sol de volailles, notamment de cailles, plus rentables.
Chez les Jaulin, c’est l’impasse. Impossible de réinvestir pour se reconvertir. Seule solution pour eux: une augmentation du prix de vente de la viande.
Alban JAULIN, éleveur dans les Deux-Sèvres :
« Nous, les aides, on a toujours l’impression d’être un peu perfusé, ce qu’on préférerait, c’est pouvoir vivre de notre production. Avec la loi sur l’alimentation, on attendait justement ce rééquilibrage, notamment dans les marges, pour qu’on puisse nous payer nos produits plus chers ».
Selon eux, une augmentation de seulement 60 centimes d’euros du kilo de viande suffirait à compenser la perte de cette aide de 16.000 euros.
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