Crise politique en Nouvelle-Calédonie, où les indépendantistes font chuter le gouvernement

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Crise politique en Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes font chuter le gouvernement.

Nouméa (AFP) - Le gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie est tombé mardi après la démission des indépendantistes de l'exécutif, qui ont dénoncé "l'impasse et l'immobilisme" dans l'archipel, la vente d'une usine de nickel est devenue un enjeu politique.       

Les indépendantistes du FLNKS disposent de cinq membres de l'exécutif sur 11. Leur démission, ainsi que celle de leurs suivants de liste, entraîne de facto une chute du gouvernement collégial, élu par les membres du Congrès. Un nouveau gouvernement devra être élu dans un délai de 15 jours, selon le statut de l'accord de Nouméa (1998).     

Dans un communiqué mis en ligne par le FLNKS, Louis Mapou, chef du groupe UNI-FLNKS (Union Nationale pour l'indépendance) et son homologue de l'UC-FLNKS (Union calédonienne), Pierre-Chanel Tutugoro, indiquent avoir "déposé conjointement" une lettre au président du gouvernement, Thierry Santa (loyaliste). "Les membres du gouvernement (indépendantistes) présentent leur démission", stipule cette lettre. L'information a été confirmée à l'AFP par des sources gouvernementales.            

L'une des raisons invoquées par le FLNKS est le "processus de vente" de l'usine de nickel du groupe brésilien Vale "qui fait primer les intérêts des multinationales sans considération des aspirations des populations locales".       

La vente de cette unité industrielle à un consortium calédonien et international figure le géant suisse Trafigura, pourrait aboutir le 12 février. Or, elle soulève un tollé dans la mouvance indépendantiste et a été à l'origine d'une flambée de violence en décembre. L'usine est à l'arrêt après avoir été prise d'assaut par des émeutiers le 10 décembre et est depuis la cible d'exactions permanentes.             

Les indépendantistes mettent aussi en cause "le retard dans le vote du budget primitif" de l'île, qui a été reporté à mars, ainsi que "la dynamique institutionnelle en panne et le consensus qui est de moins en moins la règle".

L'Avenir en Confiance (AEC), coalition des principaux partis non indépendantistes dont est issu le président du gouvernement Thierry Santa, a fustigé "une décision incohérente, irresponsable et dangereuse".        

"En provoquant une crise institutionnelle en pleine période de gestion de la crise sanitaire, d'une possible crise budgétaire ainsi que des tensions économiques et sociales fortes, les indépendantistes font peser un immense risque sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie", ont ils déclaré dans un communiqué.      

La chute du gouvernement intervient quatre mois après le référendum sur l'indépendance du 4 octobre dernier, remporté d'une courte tête par les pro-français (53,3%). Un premier référendum avait eu lieu en 2018 et un troisième est encore possible d'ici 2022.

This article was published Wednesday, 3 February, 2021 by AFP (416 words)
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Louis Mapou en novembre 2018 à Nouméa © AFP/Archives Theo Rouby


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