Décès d'Alain Rey, roi des mots et des dicos
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Décès d'Alain Rey, roi des mots et des dicos.
Paris (AFP) - "Ame" des dictionnaires Le Robert, Alain Rey, décédé à Paris dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 92 ans, a dépoussiéré la lexicographie, donnant vie et couleurs aux mots et considérant ses "dicos" comme des observatoires, et non des conservatoires, de la langue française.
Longs cheveux blancs, moustache, chemises rayées et cravates bariolées, ce petit homme à l'allure de professeur Tournesol était à la fois un érudit et un aventurier du vocabulaire, volontiers facétieux.
Linguiste, philosophe du langage, sans autre diplôme qu'une licence de lettres et un certificat d'études supérieures en histoire de l'art, il était plus proche du truculent Rabelais (1494-1553) que du classique Malherbe (1555-1628), obsédé par la pureté de la langue.
Il fut pendant des années chroniqueur sur France Inter avec "Le mot de la fin", sur France 2 avec "Démo des mots" et souvent invité du Petit Journal de Canal+.
Il a publié, outre les dictionnaires Le Robert (des ouvrages collectifs, soulignait-il), une trentaine de livres sur le langage.
Il a aussi écrit de nombreux articles de linguistique, de critique littéraire (dans le Magazine littéraire), de sémiotique.
Alain Rey s'intéressait aux langues régionales, à l'argot et, contre l'Académie française, défendait la féminisation des noms de métier. Maurice Druon, ancien secrétaire perpétuel de l'institution, lui reprochait de "ramasser les mots dans le ruisseau".
Pour lui, les mots témoignent des changements de pratiques et des évolutions des mœurs. "Quand le terme "selfie" revient à des millions d'occurrences, on ne peut pas faire comme s'il n'existait pas. Mais cela crée parfois la polémique", admettait-il en 2015.
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Alain Rey le 18 février 2002 dans son bureau à Paris © AFP/Archives Eric Feferberg