Feu vert au retour temporaire d'insecticides controversés dans les champs de betteraves à sucre
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Feu vert au retour temporaire d'insecticides controversés dans les champs de betteraves à sucre.
Paris (AFP) - Sucre ou miel ? Produire ou réduire ? En ré-autorisant temporairement l'utilisation d'insecticides néonicotinoïdes néfastes pour les abeilles dans les champs de betteraves, le gouvernement fait un pas de côté dans la transition écologique de l'agriculture, au nom de l'emploi et de la souveraineté alimentaire du pays.
Le jour même où ont été annoncés les détails de son plan de relance post-Covid censé accélérer la transition verte, le gouvernement a présenté aussi mercredi en conseil des ministres un projet de loi permettant la réintroduction pour trois ans de semences de betteraves enrobées avec des néonicotinoïdes, dangereux pour les insectes pollinisateurs.
Sous le feu des critiques des écologistes et des apiculteurs, le gouvernement, qui avait interdit ces pesticides en 2018, a détaillé une liste de mesures pour "encadrer" son revirement et limiter les effets néfastes sur l'environnement.
La ré-autorisation est temporaire jusqu'en 2023 et devra être accordée à nouveau chaque année par arrêté. Elle sera réservée à la filière betteraves et ne devrait pas être étendue à d'autres cultures comme le maïs, qui souhaitait aussi bénéficier de semences enrobées, même si le texte de loi ne le précise pas, a souligné une source gouvernementale mercredi.
Pour protéger les pollinisateurs, l'agence sanitaire Anses devra établir une liste de cultures de plantes mellifères qui ne pourront pas être cultivées derrière les betteraves, pour ne pas exposer les insectes l'année suivante à des résidus de produits enfouis dans les sols et remontés par la sève des végétaux.
Un plan de protection plus global des pollinisateurs est en cours de discussion pour la fin de l'année.
Le gouvernement a par ailleurs débloqué 5 millions d'euros, dont une partie dans le plan de relance, pour accélérer les recherches agronomiques afin d'arriver à produire en se passant de ces produits.
Derrière ce revirement s'inscrivent la survie et la pérennité de toute une filière agroindustrielle, celle de la betterave à sucre, l'une des plus anciennes et des mieux organisées de l'agriculture française avec plus de 46.000 agriculteurs-planteurs et salariés dans les usines à sucre.
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Une feuille de betterave infectée par le virus de la jaunisse de la betterave dans une exploitation à Oye-Plage, dans le Pas-de-Calais, le 4 août 2020 © AFP/Archives DENIS CHARLET