Homophobie en banlieue, un "tabou" pour Lyes Alouane
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Prendre la pose pour un photographe est devenu une habitude pour Lyes Alouane.
Depuis qu’il a commencé à témoigner contre les violences homophobes, cet habitant de Gennevilliers en banlieue parisienne est devenu un porte-parole. Qui s’assume.
Et qui tient à faire entendre ce qu’il subit, selon lui, plusieurs fois par semaine.
Insultes, crachats, jets de bouteille... depuis qu’il a posté il y a deux ans une photo de lui avec son petit ami sur les réseaux sociaux, il dit vivre un enfer dans sa ville.
Et entend briser les tabous.
Lyes Alouane, habitant de Gennevilliers :
"Aujourd’hui à Paris, on peut assumer, on peut visibiliser son homosexualité mais on a quand même une petite pensée dans notre tête, un petit truc qui nous dit qu’on est susceptible d’être agressé. En banlieue, on est vraiment en arrière dans le temps, pas au Moyen-âge… pas loin. Mais c’est tabou. C’est interdit de révéler son homosexualité."
Terrence au téléphone : "Stop homophobie bonsoir // Il a été traité de PD par l’un de ses collègues ?"
Une permanence comme celle-ci, l’association Stop homophobie compte en ouvrir une en décembre à Gennevilliers. Sa première en banlieue parisienne.
Terrence au téléphone :
"Il a quel âge ?"
"Il faut absolument déposer la plainte. Et s’il ne peut pas le faire, il faut nous mandater. Nous le ferons à sa place."
Terrence Katchadourian, secrétaire général de l’association Stop Homophobie :
"Notre permanence est importante et à qui ça s’adresse ? Absolument tout le monde des banlieues, pas uniquement Gennevilliers. Parce qu’il n’y a pas que Gennevilliers, il y a les proches banlieues... etc. Et je peux vous assurer qu’on en reçoit de Bobigny, on en reçoit d’Argenteuil. Il y a eu trois agressions près de Parisis, etc. Donc je vous assure qu’on a beaucoup, beaucoup de demandes."
Pour le maire de Gennevilliers, Patrice Leclerc, l’ouverture de la permanence est un grand pas.
Même s’il tient à éviter toute stigmatisation de la banlieue et de sa population.
Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers :
"La spécificité de la banlieue, c’est que contrairement à Paris, il n’y a pas d’anonymat. On se connait les uns les autres, c’est la différence entre les très grandes villes et des villes qui ont aussi des relations humaines et qui ont des liens sociaux. Et certainement qu’on a les mêmes problèmes à Gennevilliers que dans mon village en Normandie où il y a huit-cent personnes, et que je peux vous dire que d’être homosexuel dans ce village-là, vous n’êtes peut-être pas agressé physiquement, mais certainement que vous allez habiter dans une grande ville ensuite.
Son combat pour faire bouger les lignes, Lyes compte bien le continuer.
Depuis le début de l’année, Stop Homophobie a recensé 1.200 agressions physiques homophobes en France.
Bien au-delà de la banlieue parisienne.
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