Ils traversent la Manche en bateau, au péril de leur vie
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Une bâche en guise de toit et un feu de bois pour se réchauffer. Ce père de famille, sa femme et ses deux jeunes enfants ont fui l'Iran il y a trois ans. Victimes selon eux de persécutions en raison de leur conversion au christianisme. Comme eux, depuis le démantèlement de la Jungle de Calais fin 2016, ils seraient environ 600 réfugiés à vivre dans cette ville du nord de la France. Objectif : émigrer au Royaume Uni. Mais la surveillance des routes rend désormais une traversée quasiment impossible.
Bahador, 38 ans, migrant iranien :
"Ici, il y a de gros problèmes. Il fait très froid et mon fils n'arrête pas de pleurer."
A l'image de cette famille, bloquée en France et sans perspectives, ils sont de plus de réfugiés à tenter de rejoindre le territoire britannique par la mer. 40 tentatives cette année selon les autorités, dont 28 ces seules dernières semaines. Des chiffres jusqu’alors jamais vus. Les jours de beau temps, l'Angleterre est à portée de vue, une fine ligne blanche à l'horizon. 30 km à traverser, mais une facilité trompeuse, car à cet endroit, la Manche est balayée par de forts courants. Ils sont nombreux à l'avoir payé de leur vie.
Gilles Debove, policier, syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière :
"Ils embarquent sur des petites plages // Un bateau vient les chercher, généralement un zodiac, des petits bateaux, pour les emmener. Alors ils essaient d'accoster un ferry pour défier l'écho radar et puis se diriger vers la Grande-Bretagne."
La police maritime a renforcé ses patrouilles et a procédé à plusieurs sauvetages. Sans beaucoup d'effet, car les passeurs imaginent de nouveaux modes opératoires. Dernier en date : le vol de bateaux de pêche, afin de traverser la Manche directement sans s'accrocher à un ferry.
Ce pêcheur de Boulogne-sur-Mer en a fait les frais. Mi-novembre, il est réveillé en pleine nuit par les autorités maritimes. Elles l’informent que son bateau a été repéré près des côtes britanniques. Volé quelques heures plus tôt. 17 personnes dont trois enfants, sont interpellées à bord de ce navire, endommagé durant la traversée.
Pascal Deborgher, 51 ans, pêcheur depuis 1984, propriétaire du bateau "L'Epervier" volé mi-novembre :
"Les dégâts qu'il y a eu sur le bateau ? Carreau fracturé, souci moteur, je ne vous explique pas l'état de la passerelle."
Le préjudice s'élève à plusieurs milliers d'euros, et de longs jours d'immobilisation du bateau.
Pascal Deborgher, 51 ans, pêcheur depuis 1984, propriétaire du bateau volé :
"Ca nous fait mal parce que c'est notre bien, c'est notre outil de travail, ça nous touche beaucoup. Faut l'avouer, j'ai une dent contre ça, mais bon après quand on voit pour les migrants, c'est pas de leur faute. On aurait la guerre chez nous, et s'il fallait sauver nos enfants ? Et puis sauver notre famille. Qu'est-ce qu'on ferait ? Qu'est-ce qu'on ferait ? On ferait pareil."
Pour endiguer ces vols, la police demande aux professionnels et aux plaisanciers de renforcer la surveillance de leurs embarcations. Des marins inquiets de devenir la cible de nouveaux réseaux de passeurs et de nouvelles routes de migration.
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