L'ADN hérité de Neandertal peut aggraver des formes de Covid-19
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L'ADN hérité de Neandertal peut aggraver des formes de Covid-19.
Paris (AFP) - Les malades du Covid-19 portant un segment d'ADN de Neandertal, hérité d'un croisement avec le génome humain il y a quelques 60.000 ans, risquent davantage des complications sévères de la maladie, selon des chercheurs.
Le codage génétique hérité de ce lointain cousin de l'espèce humaine les rend par exemple trois fois plus susceptibles d'avoir besoin d'une ventilation mécanique, selon l'étude publiée dans Nature.
Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles certains patients ont besoin de soins intensifs, alors que d'autres ne présentent que de légers symptômes, voire aucun. Être âgé, de sexe masculin, des antécédents médicaux peuvent aggraver l'issue de la maladie. Mais des facteurs génétiques ont aussi un rôle, selon l'étude.
"Il est frappant de constater que l'héritage génétique de Neandertal ait des conséquences si tragiques pendant la pandémie actuelle", a dit un des co-auteurs, Svante Paabo, directeur du département de génétique de l'Institut allemand Max Planck pour l’Évolution Anthropologique.
Des recherches récentes menées par l'organisation "Covid-19 Host Genetics Initiative", révèlent qu'une variante génétique dans une certaine région du chromosome 3 --l'un des 23 que compte le génome humain-- est associée à des formes plus sévères de la maladie.
Cette même région était déjà connue pour abriter du code génétique venant de Neandertal, ce qui a poussé Svante Paabo et son collègue et co-auteur de l'étude, Hugo Zeberg, à chercher un lien avec le Covid-19.
Ce segment potentiellement dangereux pour les malades du Covid-19 n'est pas distribué de façon homogène à travers le globe, selon l'étude.
Environ 16% des Européens le portent, et à peu près la moitié de la population d'Asie du sud, avec la proportion la plus élevée (63%) au Bangladesh.
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Les malades du Covid-19 portant un segment d'ADN de Neanderthal, hérité d'un croisement avec le génome humain il y a quelques 60.000 ans, sont plus à risques de complications sévères de la maladie, selon des chercheurs. © AFP/Archives STEPHANE DE SAKUTIN