L’albatros, gardien volant
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L’albatros, gardien volant.
Le CNRS et le centre d’études biologiques de Chizé (CEBC) ont lancé un projet nommé Ocean Sentinel pour lutter contre la pêche illégale : utiliser des albatros pour repérer les bateaux de pêche.
Les ressources maritimes s’épuisent de plus en plus et les cas de surpêche sont fréquents. La mer est vaste et les navires sont nombreux. De fait, c’est un milieu difficile à surveiller. Les bateaux braconniers qui s’adonnent à la pêche illégale sont difficilement repérables car ils éteignent leur système d’identification automatique, sorte de GPS permettant d’identifier et localiser les navires présents en mer. Le principe du projet Ocean Sentinel est d’attacher sur le dos des albatros une balise de 60 grammes, d’une autonomie de 8 à 12 mois. Cette balise peut détecter les signaux radars des bateaux car le radar est vital pour la sécurité de l’équipage. Il permet d’éviter les obstacles en mer comme les épaves ou les tempêtes, de voir et de repérer la présence de bateaux en cas de danger. Eteindre le radar dans ces conditions serait une pure folie. La localisation des braconniers, détectée par la balise, sera ensuite transmise aux autorités maritimes. La balise repère un signal radar dans un rayon de 5 kilomètres.
Le choix de l’albatros comme espion volant vient d’abord de la forte mortalité qui affecte ces oiseaux depuis des années. Sur les 22 espèces existantes, 18 d’entre elles sont menacées. La pêche à la palangre est une des causes majeures de ces disparitions. Les déplacements et les comportements des oiseaux marins seront surveillés par la balise afin de prévenir d’autres cas de mortalité En étudiant les déplacements et le comportement des oiseaux, les scientifiques espèrent déterminer les zones à risques. Autre raison de ce choix, l’albatros peut parcourir jusqu’à 20 000 km en 15 jours. Sa durée de vie est de 50 ans et certains peuvent vivre jusqu’à 70 ans.
Il est prévu que prochainement, 150 individus soient équipés de balise. Ils couvriront ensemble 25 millions de kilomètres carrés. Prévus pour être employés dans les eaux australes et françaises, les oiseaux espions seront aussi adoptés par la Nouvelle Zélande en 2019.
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