Le Relais, ou la seconde vie mouvementée des vêtements usagés
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Des sacs. Des sacs. Encore des sacs.
Chaque jour, 30 tonnes de textile transitent dans cette antenne du Relais près de Soissons. Elle centralise les collectes du grand nord-est parisien.
Reconnaître, trier, selon le textile, l’état, la destination… c’est un coup à prendre.
Habiba, trieuse au Relais:
« Il y a le pré-tapis qui est devant là-bas. Ils enlèvent déjà le plus gros: les blousons, la boutique, la laine et tout ça. Et après ça remonte, donc là nous on essaie d’étaler au maximum. »
140 personnes donnent ainsi une seconde vie à ces pantalons, chemises ou blouses. 10% sera revendu dans un magasin de l’antenne en France, 10% dans les pays de l’Est, 40% en Afrique. Le reste sera à proprement parler recyclé…
Emmanuel Pilloy, PDG du Relais Nord-Est-Ile-de-France:
« Un jeans en très bien état: boutique en France. Un jeans un peu fatigué: Afrique. Un jeans craqué : c’est pas perdu, on va faire de l’isolant avec ça et en faire du +métisse+, cet isolant qui va resservir pendant vingt, trente ans dans une maison. Donc voilà, c’est comme ça qu’on sauve la planète! »
Direction Dakar, ou plus exactement Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de la capitale sénégalaise.
Ici une cinquantaine d’employés vont à nouveau trier les tonnes de vêtement venues de France.
Avec son salaire, Marie-Hélène a pu réaliser ce qui lui tenait à coeur.
Marie-Hélène Marome, employée au Relais, près de Dakar :
« Ca m’a permis vraiment de pouvoir mettre mes enfants dans le privé, dans les écoles privées, catholiques. Là-bas, l’enseignement est super. Vraiment, je le voulais avant, mais je le pouvais pas, avec le salaire que mon mari a. »
Les vêtements repartiront inonder le marché de Colobane, au cœur de la capitale.
Non sans transiter par son lot d'intermédiaires.
Ici, c’est le royaume de la fripe importée, qu’elle vienne de France, d’Angleterre ou d’ailleurs.
Binta, cliente :
« Je trouve que c’est plus économique. On peut acheter des robes et des hauts. Des jeans, qui sont de grandes marques et à bas prix, et qui sont plus résistants que ceux qu’on peut trouver dans le marché. Je préfère aux habits de fabrication chinoise, quand même. »
La France exporte chaque année des dizaines de milliers de tonnes de vêtements en Afrique.
Une source d’emplois certes, mais qui a porté un coup presque fatal à l’industrie du textile au Sénégal.
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