Les "biohackers" russes repoussent les frontières
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Pour environ 30 euros, Alexei Rautkin s’apprête à devenir un bio-hackeur.
Derrière ce terme, ceux qui cherchent à améliorer les performances de leur corps grâce à la médecine, la biochimie ou la technologie.
La puce implantée sous la peau d’Alexey lui permettra d’ouvrir les portes de son bureau d’un simple frôlement de la main.
Alexeï Rautkin, programmeur informatique:
"J’ai décidé de faire ça il y a longtemps. Surtout car c’est pratique. Pas forcément pour me débarrasser de toutes mes cartes, mais au moins pour en avoir moins à devoir emmener partout."
Dans son appartement, Vladislav Zaitsev a déjà procédé à une cinquantaine d’interventions du même genre.
Il importe ses puces, à l’origine destinées à un usage vétérinaire, de Taïwan pour des clients qu’il décrit jeunes et passionnés de haute technologie.
Vladislav Zaitsev, programmeur informatique :
"Dans le bio-hacking, j’aime ce qui produit un veritable effet, qui puisse être vérifié. J’aime l’idée d’étendre le champ des capacités du corps humain."
A chaque bio-hackeur son ambition. L’entrepreneur Stanislav Skakun se rend régulièrement dans cette clinique privée du centre de Moscou.
Il y remplit une vingtaine de tubes avec son sang, qu’il soumettra ensuite à des analyses poussées.
Le but, établir une liste de vitamines et de compléments nutritifs qu’il s’administre pour prolonger sa vie. Stanislav ingère près de 30 pilules par jour.
Stanislav Skakun, entrepreneur:
"Si nous commençons à ne plus mourir de maladies mais seulement d’accidents, nous pourrions vivre en moyenne 5 000 ans. Ça me va, c’est beaucoup mieux que 90 ans. Je suis prêt à mourir d’un accident, mais pas d’un cancer ou d’une maladie cardiovasculaire."
La longévité, c’est la spécialité du biochimiste Maxime Skulachev.
Pour ce scientifique, si les bio-hackeurs n’ont pas tort de vouloir prolonger la vie de façon extrême, ils n’en ont pas forcément les moyens. En tout cas, pas aujourd’hui.
Maxim Skulachev, biochimiste, Université d’Etat de Moscou: "Malheureusement, la science moderne, et en particulier la médecine, ne peuvent actuellement pas offrir une véritable méthode pour étendre à l’envie la longévité. De ce point de vue, les bio-hackeurs cherchent à aller un peu trop vite. Ce ne sont pour l’instant que de doux rêves."
En attendant, les bio-hackeurs ont déjà commencé à modifier leur quotidien, parfois par un simple geste de la main.
Il n’existe pas de statistiques officielles mais selon le réseau local de bio-hackeurs, environ un millier de Russes ont aujourd’hui une puce implantée sous la peau.
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