Les centres éducatifs fermés, une alternative à l'incarcération
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Un foyer sous haute protection. Derrière ces grilles, le Centre éducatif fermé d’Allonnes, près du Mans
Pas de mirador ni de cellules. Mais une mise en garde très claire : les douze mineurs placés ici par un juge n’ont pas le droit de partir, sous peine d’être envoyés en prison.
Le placement - de 6 mois - peut être renouvelé une fois.
Hayat Hariri, directrice du Centre éducatif fermé (CEF) d’Allonnes :
"Nous accueillons des jeunes âgés de 16 à 18 ans, dans le cadre de l’alternative à l’incarcération. Donc pour des délits voire des crimes, pour certains d’entre eux. /// C’est une réponse à une sanction pénale, mais en même temps, ça leur permet d’être en lien avec des adultes. Ils travaillent sur le lien avec l’adulte sur place, parce qu’à un moment donné dans leur vie, ils ont perdu cette confiance en l’adulte, et ça permet aussi d’aller les chercher là où ils sont, pour pouvoir s’inscrire dans quelque chose."
Paul va sortir dans quelques heures.
Ses 18 ans approchent et il quitte donc le CEF d’Allonnes, après 10 mois de placement et des débuts parfois chaotiques.
Celui qui est déjà passé par la case prison, mesure la chemin parcouru.
Paul, 17 ans, bientôt 18 :
"Au début, honnêtement ça me cassait les cacahouètes de rester ici dans un lieu fermé et tout mais // pendant ces 10 mois, l’équipe éducative, ils m’ont aidé à comprendre certaines choses, ils m’ont aidé à avancer. Par rapport à mon parcours, mon projet professionnel et maintenant, le juge il a estimé que j’ai grandi et que il peut me laisser en liberté entre guillemet."
Paul participe une dernière fois à l’atelier menuiserie avant d’aller préparer ses affaires. Dans sa valise : un contrat d’apprentissage fraîchement signé et les clefs d’un logement où dormir dès ce soir.
Le quotidien du centre, ce sont des cours de rattrapage scolaire, un suivi psychologique et des ateliers. Comme ici en arts plastiques avec Héloïse.
Héloïse, éducatrice spécialisée en arts plastiques et loisirs créatifs :
"Le but de l’atelier ici, c’est la valorisation, c’est de travailler l’estime de soi, leur montrer qu’ils sont capables de réaliser de très belles choses, de travailler la créativité et l’imagination, et puis leur montrer qu’ils sont capables. C’est aussi leur permettre de se poser et d’avoir un support pour travailler la concentration."
Souvent pointés du doigt, notamment pour leur coût jugés trop élevés, les centres éducatifs fermés, créés en 2002, devraient néanmoins se multiplier :
La garde des Sceaux a annoncé la création de 20 nouveaux centres, qui s’ajouteront aux 51 actuellement en activité en France.
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