Les grandes nacres de Méditerranée à l'agonie
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Au fond de la Méditerranée, une hécatombe insoupçonnée. La grande Nacre, l’un des plus grand coquillages du monde, se meurt. Un parasite identifié en 2016 a déjà décimé les populations au large de l’Espagne et de la Corse. Et depuis le mois de novembre, l'épizootie est arrivée ici, dans la rade de Villefranche-sur-mer.
Lidwine Courard, membre de l'association NaturDive :
“Très très peu de vivantes, j’en ai peut-être vu deux ou trois sur une centaine de nacres mortes. On voit qu’elles sont toutes récemment mortes, parce que l’intérieur est encore tout propre, et les coques ne sont pas encore abîmées.”
Depuis des années, ce plongeur photographie la grande nacre, considérée comme un indicateur de la qualité du littoral méditerranéen. Elle peut vivre jusqu'à 45 ans et atteindre une taille de 1,20 mètre. Au fil des ans, sa coquille enregistre tous les paramètres physiques et chimiques du milieu.
Olivier Jude, photographe sous-marin :
“Pour les photographes, c’est terrible, on est habitué à utiliser ces nacres de Méditerranée qui ont des couleurs magnifiques, qui sont dans le sable au pied des tombants, pour faire des photos artistiques en plus de faire de la biologie, puis là on est obligé de s’en inquiéter, parce que c’est terrible vraiment de voir toutes ces nacres qui périssent.”
Olivier et Lidwine comme de nombreux plongeurs autour de la Méditerranée, font remonter leur constats à Nardo Vicente. C'est lui, le biologiste qui a alerté le premier sur la maladie des nacres.
Pour le scientifique, cela ne fait aucun doute, d’autres espèces disparaîtront dans les mêmes conditions.
Nardo Vicente, biologiste marin à l'Institut d'océanographie Paul-Ricard :
“Avec le changement climatique, avec le réchauffement des eaux, il y a dans la mer des germes, des virus des parasites qui doivent être en dormance et qui se manifestent avec cette élévation de la température. Et l’on constate en effet que le maximum d’action du parasite s’est manifesté cet été lorsque nous avons eu des températures persistantes dans le milieu marin, supérieures à 20°C jusqu’à 40 mètres de profondeur.”
Les scientifiques envisagent de déplacer les nacres vivantes dans des eaux plus profondes pour qu’elles survivent, sans garantie de résultat. Mais la nature pourrait aussi reprendre le dessus. Nardo Vicente espère que dans certaines lagunes, des nacres résistantes au parasite pourraient survivre et recoloniser un jour la Méditerranée.
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