Qui a tué l'ours ? L'enquête se heurte à l'omerta en Ariège
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Qui a tué l'ours ? L'enquête se heurte à l'omerta en Ariège.
Ustou (France) (AFP) - Dans les montagnes d'Ariège, malgré les 45.000 euros de récompense offerts, les langues ne se délient pas et l'incertitude demeure : l'ours abattu a-t-il été traqué, tué par un ou plusieurs tireurs ?
"C’est de la terreur, (les opposants à l'ours) font régner la peur pour que les gens ne parlent pas. Ils ont peur des représailles. Il y a un risque qu’on ne connaisse pas l’auteur des faits", s'alarme Alain Reynes, figure du mouvement pro-ours et président de l'association Pays de l'ours et qui réclame le remplacement de l'ours tué.
"J'espère bien qu'on ne saura jamais, lance Eric André, un éleveur dont trois brebis ont été tués par l'ours depuis mi-juin. C'est un sujet très sensible, ça va mal se terminer". "Et cette récompense, c'est une manoeuvre digne des nazis, c'est lamentable", peste-t-il.
Après la découverte d'un ours de 4 ans et 100 kg, tué par balle dans une zone escarpée à 1.800 mètres d'altitude près de la station de ski de Guzet, l'association Sea Shepherd a promis une récompense en échange d'informations menant à l'arrestation du ou des tueurs du plantigrade.
Les personnes interrogées jusqu'ici par les enquêteurs "ne sont pas très coopératives. Les gendarmes se heurtent au mur du silence", a dit à l'AFP une source proche du dossier.
Initialement de 10.000 euros, la récompense est passée à 45.000 euros en une semaine. "C'est du jamais vu, nous recevons des dons spontanés de partout, y compris des Pyrénées", fait remarquer la présidente de Sea Shepherd France Lamya Essemlali.
"Si on savait que l’info circule, que les enquêtes sont facilement élucidées, on n’aurait pas eu recours à un tel procédé. L’objectif est d’aider l’enquête à aboutir. Il y a une attente de justice de l’opinion publique".
Samedi à Foix, une manifestation a réuni quelques militants pro-ours. Sur leurs pancartes, on pouvait lire "Non à la mafia anti-ours" ou "Dénoncer un meurtre est une obligation morale et citoyenne".
C'est la première fois qu'un ours est abattu depuis qu'un chasseur a tué l'ourse Canelle, en 2004.
"Il faut obtenir réparation : le remplacement de l’ours, sinon les braconniers auront gagné", plaide Alain Reynes.
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Photo publiée sur le compte Twitter de la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, le 9 juin 2020, d'un ours abattu en Ariège © Compte Twitter de la ministre de la Transition écologique/AFP/Archives Handout