Succession de Juncker: délicates négociations pour trouver le candidat idéal

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Succession de Juncker: délicates négociations pour trouver le candidat idéal.

Les dirigeants de l'UE vont tenter de s'entendre durant leur sommet jeudi à Bruxelles sur le nom d'une personnalité acceptable par le Parlement européen pour la présidence de la Commission, car aucun des prétendants en lice ne fait consensus.

"Je suis prudemment optimiste", a avoué mercredi le président du Conseil Donald Tusk, mandaté pour trouver un accord entre les chefs d'Etats et le Parlement, à la suite des élections européennes.

L'autre point qui promet des discussions animées au sommet porte sur l'objectif de neutralité carbone - un équilibre entre les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre par les sols et les forêts - à l'horizon 2050.

- Weber lâché -

Dans un projet de conclusions vu par l'AFP, cette date, réclamée par les défenseurs de l'environnement comme gage de bonne volonté politique après la forte progression du vote Verts aux européennes, apparaît, mais sous la forme d'une requête et non d'un engagement. Les dirigeants demandent aux ministres et à la Commission de travailler sur "les conditions, les incitations et le cadre à mettre en place, afin de déterminer comment assurer une transition d'ici 2050" vers cette "neutralité climatique".

La journée du sommet s'est ouverte avec un développement majeur: les chefs des groupes Socialiste et centriste Renew Europe au Parlement européen ont annoncé jeudi matin au prétendant du PPE, l'Allemand Manfred Weber, qu'ils ne soutiendraient pas sa candidature en cas de vote, signifiant la fin de ses espoirs de présider la Commission européenne, ont indiqué à l'AFP le président du groupe des Verts Philippe Lamberts et des représentants du groupe PPE.

Cette décision signe la fin du système des prétendants à la présidence de la Commission choisis par les groupes politiques. Il était refusé par le président français Emmanuel Macron et par de nombreux autres dirigeants de l'UE, car il plaçait la Commission européenne sous le contrôle du Parlement.

Les deux autres prétendants, le Néerlandais Frans Timmermans pour les Socialistes et la Danoise Margrethe Vestager pour les Libéraux, ne parviendront pas non plus à trouver une majorité au Parlement sans le soutien du PPE, premier parti de l'hémicycle, ont expliqué à l'AFP plusieurs sources européennes.

L'élu, qui succèdera le 1er novembre au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, devra obtenir le soutien de 21 des 28 dirigeants européens et rallier une majorité d'au moins 376 voix au Parlement.

"La personne capable de réunir cette double majorité n'est pas encore connue", a confié un diplomate européen.

Mais un accord se dessine pour la répartition des quatre postes de pouvoir. Le PPE, premier groupe au Parlement, revendique la présidence de la Commission européenne, et cette exigence n'est pas contestée mais il faudra un autre candidat que Manfred Weber, ont indiqué à l'AFP trois responsables.

Les Libéraux veulent la présidence du Conseil européen et les Socialistes obtiendraient le poste de chef de la diplomatie européenne et se partageraient les cinq années du mandat de présidence du Parlement avec les Verts, à raison de deux ans et demi chacun.

Restent à trouver les noms pour chacune des fonctions. L'accord doit respecter des exigences de parité et d'équilibres géographiques. Donald Tusk s'est engagé à faire nommer deux femmes.

- "Les téléphones chauffent" -

"Heureusement que les frais d'itinérance ont été abolis dans l'Union car les téléphones chauffent", a ironisé un diplomate.

La brouille franco-allemande a été surmontée. Le président Macron et Angela Merkel se parlent chaque jour, a confié un de leurs proches. Maintenant, "nous savons ce que les Français veulent réellement", a confirmé une source gouvernementale allemande.

"Le Brexit n'a pas été inscrit à l'ordre du jour car le but est de ne traiter que de l'agenda positif", a persiflé un diplomate européen.

Emmanuel Macron est arrivé à Bruxelles en début de matinée pour des entretiens bilatéraux avec la chancelière et le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez.

L'incapacité des prétendants de rallier une majorité au Parlement soulage la chancelière Merkel, a assuré un responsable européen.

"Il lui aurait été difficile de renoncer à soutenir Manfred Weber devant le Conseil des chefs d'Etat, mais l'élimination du prétendant du PPE par le Parlement européen lui permet d'examiner une autre candidature", a-t-il expliqué.

Le PPE défend plusieurs personnalités, dont Michel Barnier. "Mais la chancelière n'est pas encore prête à accepter la désignation d'un Français pour le poste", a-t-on assuré de sources française et allemande.

En cas d'échec sur les noms jeudi, un sommet extraordinaire est envisagé le 1er juillet, à la veille de la session inaugurale du nouveau Parlement au cours de laquelle il doit élire son président.

"Il faut trouver rapidement un accord car nous devons avoir une Commission européenne opérationnelle pour gérer le Brexit, surtout si Boris Johnson devient Premier ministre du Royaume-Uni", a insisté un diplomate de haut rang.

Les discussions pourraient se poursuivre en marge du sommet du G20 à Osaka vendredi et samedi, a estimé un responsable européen. Six dirigeants européens participeront à cette réunion: Angela Merkel, Emmanuel Macron, l'Italien Giuseppe Conte, la Britannique Theresa May, ainsi que l'Espagnol Pedro Sanchez et le Néerlandais Mark Rutte, tous deux invités par le Japon.

This article was published Friday, 21 June, 2019 by AFP (825 words)
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AFP / EMMANUEL DUNAND La chancelière autrichienne par intérim Brigitte Bierlein et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le 20 juin 2019 à Bruxelles


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