Trump accuse Biden d'essayer de "voler" l'élection, décompte toujours en cours
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Trump accuse Biden d'essayer de "voler" l'élection, décompte toujours en cours.
Washington (AFP) - Le président américain Donald Trump a accusé mercredi son rival démocrate Joe Biden d'essayer de "voler" l'élection, sans aucun élément concret à l'appui, au moment où le décompte se poursuivait dans un scrutin extrêmement serré.
"On est devant et de loin, mais ils essaient de voler l'élection. Jamais nous ne les laisserons faire", a-t-il lancé dans un tweet contre lequel Twitter a immédiatement mis en garde ses utilisateurs, estimant qu'il pouvait être "trompeur".
Lors d'une brève déclaration depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware, Joe Biden a lui estimé qu'il était "en bonne voie" pour l'emporter. "Gardez la foi, nous allons gagner!" a lancé l'ancien vice-président de Barack Obama devant des sympathisants réunis en "drive-in".
Dans des Etats-Unis traversés par des crises sanitaire, économique et sociale d'une ampleur historique, les Américains se préparaient à une longue nuit, voire de longues journées d'attente, à l'issue d'une campagne particulièrement agressive.
La vague démocrate, espérée par certains dans le camp Biden qui se prenaient à rêver de victoires historiques dans des Etats traditionnellement républicains peinait à prendre forme.
Le président républicain a conservé la Floride, déjà remportée en 2016. Il a aussi gagné l'Ohio, remporté depuis 1964 par tous les candidats qui ont aussi accédé à la présidence ainsi que le Texas.
- Biden mise sur le Nord -
Le chemin de l'ancien vice-président de Barack Obama vers la Maison Blanche, à défaut de percée dans le Sud, passe par le Nord industriel du pays.
L'objectif affiché est de reprendre trois Etats arrachés sur le fil par Donald Trump en 2016 : Wisconsin, Michigan, Pennsylvanie. Or dans ces Etats, le dépouillement pourrait se poursuivre mercredi, voire sur plusieurs jours, notamment en raison du niveau record du vote par correspondance.
Pour l'emporter, un candidat n'a pas besoin d'être majoritaire en voix au niveau national : il doit obtenir au moins 270 des 538 grands électeurs attribués au niveau des Etats. A ce stade de la nuit, le président sortant en dispose de 213 et le démocrate 238.
Comme cela était largement anticipé, les démocrates ont gardé le contrôle de la Chambre des représentants, selon les estimations des médias américains.
Le sort du Sénat, aujourd'hui contrôlé par les républicains, restait en revanche indécis.
- Ton mesuré de Trump -
Dans un tweet envoyé en début de soirée depuis la Maison Blanche, Donald Trump a affiché sa confiance, affirmant que les choses se présentaient "très bien" pour lui à travers le pays.
Quelques heures plus tôt, lors d'une visite à un QG de campagne républicain dans la banlieue de Washington, il avait cependant évoqué, fait rarissime chez lui, une éventuelle défaite. "Gagner est facile, perdre n'est jamais facile. Pour moi, ça ne l'est pas", avait dit le milliardaire de 74 ans, la voix fatiguée par une fin de campagne qui l'a vu enchaîner les meetings à un rythme effréné.
Joe Biden, 77 ans, a lui refusé, "par superstition", de se livrer à des pronostics, tout en se disant "confiant".
Après une campagne beaucoup plus discrète que celle de son adversaire, le démocrate a sillonné mardi l'Etat-clé de Pennsylvanie, où il est né, effectuant une sorte de pèlerinage dans les lieux de son enfance.
"De cette maison à la Maison Blanche, par la grâce de Dieu", a-t-il écrit sur les murs du domicile de Scranton où il a passé ses jeunes années.
Dans tout le pays, les démocrates qui se sont rendus aux urnes pour l'élire semblaient surtout motivés par leur rejet de l'impétueux président.
Partout les électeurs se méfiaient de l'attitude du camp adverse. "Trump va faire tout ce qui est en son pouvoir pour gagner, c'est effrayant", estimait Megan Byrnes-Borderan, une New-Yorkaise démocrate de 35 ans.
Signe tangible des angoisses du pays, les commerces de plusieurs grandes villes, dont Washington, Los Angeles ou New York, se sont barricadés en prévision de possibles violences post-électorales.
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Des gens suivent la soirée électorale sur un écran géant près de la Maison Blanche à Washington, le 3 novembre 2020 © AFP Olivier DOULIERY