Un village bulgare suspendu à la saga du Brexit
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A des milliers de kilomètres de l’agitation de Londres, un petit village bulgare de mille personnes suit attentivement les rebondissements du Brexit. Chaque année, 350 personnes, soit Presque toute la force de travail de Brachten, se rendent dans une ferme du Kent anglais pour y ramasser cerises, framboises et myrtilles.
Safet Djourelov, 53 ans, travailleur dans une ferme fruitière en Grande-Bretagne, originaire du village bulgare de Brachten :
"La nécessité nous pousse (à y aller). Vous pouvez voir à quel point il est difficile de gagner sa vie ici.
Nous ne savons pas comment les choses vont se passer. Pour le moment, nous regardons simplement les nouvelles, elles disent qu'il y aura du changement."
Chaque année, la ferme d'Oakdene accueille 1.400 travailleurs saisonniers. Avec les négociations sur le Brexit qui s’éternisent, et les possibilités d’un Brexit sans-accord, les producteurs de fruits britanniques restent dans l’incertitude, surtout que le secteur manque déjà cruellement de main d’œuvre. Lui même ayant voté en faveur du Brexit pour que l'Angleterre retrouve sa souveraineté, le propriétaire de la ferme espérait plus de soutien de la part du gouvernement.
Tim Chambers, propriétaire de la ferme :
"Je crois qu'en ce moment, ils se mettent la tête dans le sable, on a l'impression, au ministère de l'Intérieur, que si on dit les mots immigration ou migration, ce sont des gros mots. Ce ne sont pas des gros mots. Nous avons besoin de travailleurs migrants."
Arrivé de Brachten comme saisonnier il y a 19 ans, et jamais reparti, le directeur de la production de la ferme d’Oakdene craint à contre-coeur de devoir bientôt trouver de nouvelles source de main d’œuvre étrangère. Il regrette que le travail des habitants de son village ne soit pas apprécié à sa juste valeur.
Salih Hodjov, directeur de la production de la ferme :
"Bien sûr, nous n'allons pas le cacher, ce business est presque construit par des gens qui viennent de Bulgarie et de Roumanie et qui travaillent ici depuis 6, 7, 10 ans et je pense que ce sont de bons travailleurs, donc ce sera triste si nous les perdons. Mais nous ne pouvons rien faire, nous sommes impuissants."
Déjà hors de l’espace Schengen, le Royaume-Uni a demandé une extension du Brexit à l’Union européenne jusqu’à fin juin. Au pic de la cueillette des cerisiers. L’Union européenne devrait donner sa réponse ce mercredi lors d’un sommet décisif à Bruxelles qui encore une fois sera suivi de très près… à Brachten et Oakdene.
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