Une boîte à outils pour baisser la température des villes "radiateurs"
Si vous ne connaissez pas un mot, surlignez-le avec votre souris et cliquez sur “Translate” pour le traduire dans la langue de votre choix.
Une boîte à outils pour baisser la température des villes "radiateurs".
Paris (AFP) - Paris (AFP) - Une semaine seulement après une courte vague de chaleur, une nouvelle canicule plus longue et plus difficile pour les organismes a commencé jeudi en France où 45 départements ont été placés en vigilance orange.
Fontaines, miroirs d'eau, végétalisation, matériaux réfléchissants... Dans les centres urbains qui se transforment en véritables fours lors des périodes de forte chaleur, tous les moyens sont bons pour faire baisser un peu la température.
Et ce phénomène d'"ilots de chaleur urbains" est particulièrement marqué pendant les canicules, qui se multiplient avec le réchauffement de la planète, et en particulier la nuit.
Mais les causes de ces bulles de chaleur sont connues, elles peuvent donc être combattues.
"Il y a trois types de solutions: vertes, bleues et grises" (végétation, eau et matériaux), résume Didier Soulage, spécialiste de l'adaptation au changement climatique au centre d'études Cerema, qui plaide pour une "combinaison des trois".
Dans les solutions "vertes", réintroduire de la végétation, planter des arbres permet de créer de l'ombrage, mais permet aussi l'évapotranspiration, capitale : lors de la photosynthèse, les végétaux restituent dans l'atmosphère l'eau puisée dans le sol.
Création de parcs, murs végétalisés, apport d'eau, changement des matériaux de construction (plus clair pour renvoyer les rayons du soleil, plus poreux pour laisser passer l'eau) voire de la morphologie de la ville pour faire mieux circuler l'air... Le résultat "va dépendre de l'ampleur des aménagements mis en place", souligne Aude Lemonsu, chercheuse au centre de recherches de Météo-France, qui estime que l'impact peut être de l'ordre de "2 ou 3°C de rafraichissement dans la ville".
Les types d'aménagements ne peuvent pas nécessairement être plaqués d'une ville à l'autre. "Les aménageurs ont une panoplie, c'est à eux de trouver les bons outils en fonction du devenir de chaque lieu", et d'anticiper, poursuit Julien Bigorgne, expert de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur).
Quels que soient les aménagements mis en place, lors de périodes de chaleur extrêmes auxquelles se superpose l'effet d'ilot de chaleur urbain, il risque d'être difficile de maintenir à l'avenir des niveaux de températures acceptables en ville.
Selon une étude publiée début juillet dans Environmental Research Letters, même une stratégie d'adaptation "ambitieuse" à Paris ne permettrait pas de réduire le "stress thermique" suffisamment pour éviter l'utilisation de la climatisation.
Accédez à l'intégralité de l'article, choisissez un abonnement
Des miroirs d'eau comme le canal de l'Ourcq à Paris le 25 juillet 2019 permettent de faire baisser la température en cas de canicule © AFP Philippe LOPEZ