A Grasse la parfumée, le vieux centre malade de ses taudis
Si vous ne connaissez pas un mot, surlignez-le avec votre souris et cliquez sur “Translate” pour le traduire dans la langue de votre choix.
A Grasse la parfumée, le vieux centre malade de ses taudis.
Grasse (France) (AFP) - Façades délabrées, pauvreté criante : le vieux Grasse est à mille lieues de l'image glamour véhiculée par l'industrie de la parfumerie qui fait le rayonnement international de la ville et pour accélérer sa lente reconquête, la mairie interdit désormais la location de certains taudis.
Depuis récemment, dans un large périmètre du coeur de Grasse, il n'est plus possible de changer de locataire sans obtenir "un permis de louer" de la municipalité.
"On s'est dit qu'il fallait avoir du courage pour rompre avec beaucoup de choses", vante le maire LR Jérôme Viaud, 43 ans, prêt à se confronter à des propriétaires bailleurs qui n'ont fait aucun travaux parfois depuis l'après-guerre et pionnier dans les Alpes-Maritimes : "S'attaquer à ces situations, c'est lutter contre l'habitat indigne et aussi contre l'immigration clandestine car souvent ça va de pair".
"On vient dans la capitale mondiale de la parfumerie, et dans certaines rues, on peut être déçu", admet son adjointe à l'hygiène Nicole Nutini. "On se bat contre ça ! Le pire, ce sont les squats qui sont en augmentation".
Entrelacs de ruelles médiévales et d'hôtels particuliers illustrant la bonne fortune de Grasse, qui a vu s'épanouir la parfumerie autour de ses tanneries dès le XVIe siècle, le centre historique est un petit bijou provençal.
Mais l'exiguïté des logements se devine, la pauvreté se lit : elle touche jusqu'à 45% des habitants de l'hypercentre selon la mairie et le m2 se négocie sous les 2.000 euros. Des devantures sont vides, et l'animation manque le soir là où le maire espère à terme fixer une nouvelle population étudiante et inaugure bientôt une médiathèque flambant neuve.
En Provence, la paupérisation frappe beaucoup de centres anciens. Le permis de louer est "une réponse très appropriée, surtout couplé à des incitations pour le propriétaire à faire des travaux", observe Florent Houdmon, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre. Marseille a aussi fait ce choix dans le secteur de la rue d'Aubagne un an après l'effondrement de deux immeubles qui a fait huit morts.
Logements trop petits, humides, pièces aveugles ou avec un soupirail, absence d'ascenseur : la ville, avertie par la caisse d'allocation familiale (CAF) au changement de bail, dira ce qui est louable ou ne l'est pas, et pourra prendre des sanctions, parallèlement à toute une panoplie de subventions aux travaux.
Accédez à l'intégralité de l'article, choisissez un abonnement