Espagne: dans la "mer de plastique", des insectes à la place des pesticides
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Comme chaque matin, Antonio vérifie qu’aucun parasite n’attaque ses poivrons. Avant pour protéger ses cultures, cet agriculteur du sud de l’Espagne utilisait des pesticides. Mais depuis 2007, il a opté pour le contrôle biologique: le recours a des moyens non chimiques pour lutter contre les nuisibles. C’est grâce à ces petits sachets que les plantations d’Antonio sont protégées. A l’intérieur, de nombreux insectes dévorent les parasites qui menacent ses poivrons.
Antonio Zamora, cultivateur de poivrons :
"Les insectes travaillent en permanence. Vous les lâchez un jour et ils travaillent toute la journée, toute la semaine, tout le mois. Comment ça marche? Et bien il y a une espèce de symbiose entre la plante et les insectes, ce qui fait que la plante produit de plus en plus, va mieux et s'en trouve plus saine, comme son environnement."
Les poivrons d’Antonio se trouvent pourtant en pleine "mer de plastique": 30.000 hectares de culture sous serres bordant la Méditerranée, le symbole d’une agriculture décriée. Ici poussent toute l’année: tomates, concombres, courgettes, poivrons ou aubergines. 2,5 millions de tonnes exportées, soit la moitié des exportations maraîchères espagnoles.
Cependant, depuis 2007, la consommation d’insecticides a diminué de 40% dans la province d’Alméria. Face à la résistance de certains parasites aux produits chimiques et à la pression du consommateur, les agriculteurs de la région optent de plus en plus pour le contrôle biologique.
Un nouveau marché qui aiguise les appétits. Le géant agricole français InVivo a investi 15 millions d’euros pour créer, au coeur de "la mer de plastique", une biofabrique. C’est ici que sont élevés des milliards d’acariens pour s’attaquer ensuite aux parasites.
Maria José Pardo, directrice générale de Bioline du groupe InVivo :
"L’objectif est de produire 100.000 milliards d'insectes pour pouvoir fournir ces marchés et arriver en un an à un chiffre d'affaires de plus de 10 millions d'euros."
Pour les associations écologistes, le contrôle biologique est une avancée très positive mais il reste encore beaucoup à faire.
Koldo Hernandez, membre de l’association "Ecologistes en action" :
"Même si elle est écologique, c’est une agriculture qui ne respecte pas les rythmes naturels de la production, les rythmes naturels des champs, les rythmes naturels de l'agriculture, ne respecte pas la biodiversité des sols et a toujours besoin d’une série de produits agrochimiques, pesticides et engrais autorisés."
Pour les écologistes, il faudrait préférer l'agriculture biologique, qui réduit encore plus l'usage de pesticides. L'effort à fournir reste important, avec 2.000 hectares, elle représente encore moins de 7% des cultures de la "mer de plastique".
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