GB : en un mois de mandat, Johnson a ravivé la possibilité d'un "no deal"
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Depuis des générations, les pêcheurs d’Hastings, au sud de l’Angleterre, hissent leurs bateaux sur le rivage tous les matins avec la pêche du jour. Mais depuis trois ans, ils attendent un changement avec impatience : la sortie de l’Union européenne. Pour eux, le Brexit signifie reprendre le contrôle des eaux britanniques très poissonneuses dont ils partagent l’accès avec d’autres pêcheurs européens. Alors l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson le mois dernier leur a redonné espoir : sa promesse de sortir le 31 octobre avec ou sans accord est vue d’un très bon œil.
Paul Joy, président de la Société de protection des pêcheurs d’Hastings :
« Une sortie sans accord est le meilleur scénario possible pour l’industrie de la pêche, surtout en Grande-Bretagne. L’accord qui est sur la table actuellement autorise les bateaux étrangers à pêcher dans les eaux britanniques, et nous devons en reprendre le contrôle, afin d’avoir un quota suffisant pour répondre à nos propres besoins. »
Mais cet enthousiasme n’est pas partagé par tous dans la ville côtière, où 55 % des électeurs ont voté « Leave » en 2016.
Tom Herrington est créateur de lunettes à Hastings, il travaille étroitement avec la France où ses montures sont fabriquées à la main par des spécialistes du Jura au savoir-faire irremplaçable. Pour lui, le Brexit est une aberration, et la perspective d’un no-deal une catastrophe. L’incertitude affecte déjà ses liens économiques avec ses partenaires français… au point que quitter son pays lui apparaît parfois comme la seule solution.
Tom Herrington, créateur de lunettes et fondateur de la marque RockOptika :
« Les banquiers français ne me font plus confiance, à moi, une petite entreprise du Royaume-Uni. Donc oui, c’est fou, je dois maintenant dépenser plus d’argent en amont et je vais devoir payer des taxes douanières pour importer mes propres produits et les vendre ici. Et ensuite je pourrais bien les renvoyer en France pour les vendre, donc c’est ridicule ! »
En un mois, les relations entre Downing Street et l’Union européenne se sont tendues et la recherche d’un compromis semble plus difficile. Mais Boris Johnson espère toujours convaincre l’UE de renégocier les termes de l’accord de sortie.
Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni :
« Nous ne pouvons pas accepter l’accord de retrait actuel, des arrangements qui divisent le Royaume-Uni, ou qui nous enferment dans les accords réglementaires et commerciaux de l'UE, l'ordre juridique de l'UE, sans que le Royaume-Uni ait son mot à dire. »
Le pari est risqué : la perspective d’un « no deal » pourrait valoir à Boris Johnson la défiance du Parlement, et plonger le pays dans une nouvelle crise politique. La majorité du nouveau Premier ministre ne tient aujourd’hui qu’à une seule voix.
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