La Pologne, gardienne des cellules souches en Europe
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La Pologne, gardienne des cellules souches en Europe.
La Pologne est devenue la première puissance européenne dans la conservation de cellules souches, élément clé d'une thérapie qui peut guérir les leucémies mais soulève des espoirs démesurés. Leur stockage est devenu une véritable industrie brassant, à l'échelle mondiale, des milliards de dollars.
Plongées dans les vapeurs d'azote liquide à moins 175 degrés Celsius, des centaines de milliers de cellules souches de toute l'Europe dorment dans d'énormes tonneaux d'acier, dans la banlieue de Varsovie.
Présentes dans le sang puisé sur le cordon ombilical des nouveaux-nés, ces cellules, prélevées à l'accouchement, peuvent aider à guérir des maladies graves du sang (leucémies, lymphomes, myélomes), des maladies génétiques, les déficits du système immunitaire.
En Pologne, pays à forte tradition catholique, il n'est en revanche pas question d'avoir recours à des cellules souches embryonnaires car leur utilisation, par ailleurs très encadrée, soulève des problèmes éthiques.
La banque de sang ombilical polonaise PBKM/FamiCord est devenue le numéro un incontesté en Europe, après la faillite début 2019 de la société suisse Cryo-Save. La 5e dans le monde, selon ses dirigeants, après deux établissements américains, un chinois et un basé à Singapour.
Depuis la première greffe de sang de cordon réalisée en France en 1988, le secteur s'est largement développé, suscitant d'énormes espoirs.
Mais entre les fausses illusions et les milliards brassés par le secteur, les chercheurs mettent en garde.
L'hématologue Wieslaw Jedrzejczak, pionnier de la greffe de moelle osseuse en Pologne, qualifie les promoteurs de telles thérapies de "vendeurs d'espoir" qui "font des promesses dont la réalisation est soit impossible dans un avenir proche, soit carrément impossible pour des raisons biologiques". Il les compare aux fabricants de produits de beauté qui "promettent que leur crème rajeunira la cliente de vingt ans".
De nombreuses recherches portent sur l'utilisation de ces cellules souches pour traiter d'autres maladies, notamment nerveuses. Mais les travaux ne sont pas concluants pour le moment, avertit le réseau de scientifiques EuroStemCell.
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AFP/Archives / Wojtek RADWANSKI Le biologiste Krzysztof Machaj montre des cellules souches conservées à la banque de sang ombilical polonaise PBKM/FamiCord, à Varsovie le 26 novembre 2019