Le coup du siècle !
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Le coup du siècle !
En 1970, la société suisse Crypto AG est rachetée par un client pour le moins mystérieux, ou en tout cas prudent : si l’on tentait de remonter sa piste, on ne tombait que sur un montage de sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux. Après la Seconde guerre mondiale, Crypto AG devient l’entreprise de référence dans son domaine, à savoir les machines portables de cryptage. Elle compte parmi ses clients de très nombreux pays qui lui rapportent des millions de dollars.
L’Iran, le Pakistan, l’Inde, les juntes militaires d’Amérique latine, la Libye, l’Arabie saoudite, le Vatican et bien d’autres encore achètent ses produits, et pourtant, ce ne sont pas ces ventes qui constituent la majorité du chiffre d’affaires de la société. Car Crypto AG appartient en réalité… à la CIA et au Service fédéral de renseignement ou BND, les renseignements extérieurs allemands. Pendant plus de cinquante ans, ces deux services secrets ont vendu des machines trafiquées leur permettant d’espionner leurs ennemis ou alliés internationaux.
Ainsi, la CIA a pu surveiller la crise des otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979, ou encore les assassinats des dictateurs sud-américains, et bien entendu vendre des informations à ses alliés. Elle a nommé cette opération « Thesaurus », puis « Rubicon » et l’a qualifiée de « coup du siècle » dans un rapport de 2004, bien qu’elle n’ait pas permis d’espionner leurs principaux rivaux, l’URSS et la Chine. Le BND s’est retiré de l’opération en 1993, tandis que la CIA a vendu ses parts en 2018.
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