Les policiers défilent à Paris pour une "marche de la colère"
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Les policiers défilent à Paris pour une "marche de la colère".
Une mobilisation inédite depuis près de 20 ans: à l'appel d'une large intersyndicale, les policiers vont battre le pavé mercredi à Paris pour une "marche de la colère" sur fond de malaise de l'institution, de hausse des suicides et de réforme des retraites.
Les organisations syndicales qui ont réussi l'union sacrée tous corps et tous grades confondus, espèrent une mobilisation exceptionnelle de 15.000 à 20.000 manifestants.
De mémoire de syndicalistes policiers, on n'avait pas vu un tel appel unitaire depuis 2001. A l'époque, la mobilisation avait été provoquée par le meurtre de deux policiers au Plessis-Trévise (Val-de-Marne) par un braqueur récidiviste.
Cette fois, pas de fait divers sanglant agissant comme élément déclencheur, mais une usure opérationnelle liée au mouvement social des "gilets jaunes", où la police a été accusée de violences, et un bond des suicides au sein de la police nationale, un mal endémique dans l'institution.
Cinq points sont au cœur des revendications des policiers: "l'amélioration de la qualité de vie au travail", "une véritable politique sociale pour les agents du ministère de l'Intérieur", "une réponse pénale réelle, efficace et dissuasive", "la défense des retraites" et une future loi d'orientation et de programmation "ambitieuse".
"On est au-delà des moyens. Une enveloppe budgétaire ou la future Loppsi (loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) ne régleront pas tout", complète David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN-Unsa), qui met également en avant le "contexte de craintes" relatif aux réformes des retraites et de la fonction publique.
Le futur big bang des régimes de retraite est en effet l'un des principaux points de tension entre l'exécutif et les syndicats policiers, qui craignent une remise en cause de leur avantageux système de bonifications.
Les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner assurant, le 17 septembre, qu'il défendrait "jusqu'au bout la spécificité du statut" des forces de l'ordre, sont loin d'avoir dissipé les inquiétudes des organisations syndicales.
"Nous voulons une position ferme et définitive du gouvernement", résume le secrétaire général d'Unité-SG-FO, Yves Lefebvre.
Face à cette nouvelle gronde du monde policier, le ministère de l'Intérieur met en avant les mesures entreprises depuis l'arrivée du duo Castaner/Nuñez en octobre 2018.
Ainsi selon le ministère de l'Intérieur dont le budget augmentera de 4% en 2020, 552 millions d'euros supplémentaires ont été consacrés aux personnels des forces de sécurité depuis le budget 2018.
Beauvau fait également valoir la "mobilisation forte" sur les suicides comme l'activisme des ministres pour défendre la police contre "la critique permanente".
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AFP/Archives / STEPHANE DE SAKUTIN Des "policiers en colère" tiennent le drapeau français et posent près d'un cercueil représentant les fonctionnaires de police décédés, Esplanade du Trocadéro à Paris, 12 mars 2019