Marseille: dans les calanques, des solutions contre les plantes envahissantes
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Un chantier hors normes dans un milieu extrême. Sur l'île de Jarre, dans le Parc des Calanques, à Marseille, se mène une campagne d’arrachage de plantes exotiques envahissantes. Le figuier de barbarie, un cactus originaire du Mexique, sévit aujourd'hui sur tout le pourtour méditerranéen.
Corentin Garnier, technicien en génie écologique :
"C’est une plante qui va déranger son environnement, qui va supplanter les autres plantes, et du coup on l’enlève pour qu’il n’y ait que les plantes originaires d’ici qui soient sur cette île."
Grâce à ces campagnes, le projet Life habitat Calanques, financé par l’Union européenne, espère voir renaître la biodiversité de ce milieu fragile.
Laureen Keller, écologue au parc national des calanques :
"Ici, on voit une saladelle, qui est une des plantes protégées qu’on a cherché à préserver dans le cadre de ce chantier, donc on voit bien qu’elle n’a pas été impactée par le chantier, et derrière moi, on voit une autre plante protégée, la Thymélée Hirsute, qui est également, rare, menacée, et à qui on cherche à donner un petit peu d’air dans le cadre de ce projet."
La plupart des régions du monde sont confrontées aux plantes invasives. Mais leur arrachage génère des déchets dont la gestion est un vrai casse-tête. Les transporter augmente les risques de propagation. Sur cette île, toutefois, impossible de les déplacer, faute de ponton pour faire accoster une barque. Pas d’autre choix que de les laisser pourrir en les couvrant d'une bâche suffisament solide pour dissuader les goélands. Mais à chaque site ses solutions.
Laureen Keller, écologue au parc national des calanques :
"On réfléchit à des solutions de revalorisation, on a plusieurs pistes, soit de la gestion plus classique, comme de l’incinération ou de l’enfouissement, soit des pistes de compostage, voire de valorisation en fibre textile, ou en matériau composite."
C’est ici, dans l’atelier de la fondation Luma, à Arles, que ces pistes sont explorées. Le Parc des Calanques devrait bientôt y amener des figuiers de Barbarie, mais aussi des agaves. En attendant, cette spécialiste des textiles fait bouillir des renouées du Japon collectées en Camargue.
Axelle Gisserot, designer textile à la fondation Luma :
"Quand elle est assez concentrée, la renouée du Japon donne des rosés, orangés assez intéressants."
Tentures, textiles, mais aussi matériaux composites, ici, les mauvaises herbes deviennent matière première.
Axelle Gisserot, designer textile à la fondation Luma :
"L’idée c’est de trouver non pas des substituts mais des nouvelles matières qui pourraient venir créer des nouvelles qualités textiles, que ce soient pour les fibres, ou pour la couleur, pour developper des tissus de façon plus soutenable, plus juste, et plus écologique."
Ces créateurs s’engagent toutefois à ne créer que des objets en édition limitée, pour ne pas créer de demande, car ces ressources sont par définition vouées à disparaître. Mais pas tout de suite. Les agents du parc des Calanques devront repasser pendant 10 ans pour s'assurer d'avoir éradiqué complètement les envahisseurs.
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