Mondial 2019: Etats-Unis, des footballeuses ne devraient pas dire ça ?
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Mondial 2019: Etats-Unis, des footballeuses ne devraient pas dire ça ?
Quand l'attaquante Megan Rapinoe dit qu'elle n'ira "pas à la p.... de Maison Blanche", Donald Trump lui répond "Megan devrait d'abord GAGNER avant de PARLER". Alors quand les championnes du monde en titre s'engagent, sont-elles dans leur rôle ?
Dans les rues de Lyon, où près de 20.000 Américains ont fait le déplacement pour les soutenir dimanche en finale de la Coupe du monde contre les Pays-Bas, Rapinoe fait carton plein.
"J'adore son football, ses buts et son militantisme", dit Heather Hartshorn. "Je pense qu'on peut dire que le score est Rapinoe 5 - Trump 0. Elle a marqué cinq fois (depuis le début du Mondial, ndlr), Trump pas", enchaîne Julia Leighton.
Même le sélectionneur anglais, Phil Neville, tout en précisant qu'il ne préfère pas s'engager politiquement, a avoué l'admirer parce qu'elle "dit ce qu'elle pense sur tant de sujets, le combat pour l'égalité, la diversité, l'inclusion".
Avec ses cheveux roses, ses tatouages, Megan Rapinoe boycotte l'hymne américain pour protester contre les violences policières visant les Noirs, est une militante LGBT assumée et estime que le président américain ne "se bat pas pour les mêmes choses que nous".
"Le football (soccer) en général est probablement plus démocrate. Car je pense que les Démocrates sont plus ouverts au reste du monde que les Républicains qui vont préférer le baseball ou le football américain, les sports traditionnels", avance Calvin, rencontré sur la Place Bellecour à Lyon.
- Consensuelle -
"Aux Etats-Unis, le soccer est plutôt un sport de riche, universitaire, cosmopolite. Pour la droite dure, c'est un sport non-américain", analyse Peter Marquis, enseignant-chercheur à l'université de Rouen en histoire des Etats-Unis et spécialiste des sports américains.
Et pour lui, le type d'activisme de Megan Rapinoe ou d'autres plus discrets comme celui de la superstar Alex Morgan "n'est pas repoussant mais offre l'adhésion". Pourquoi ? Parce qu'en réalité, il est assez consensuel.
"Ce n'est pas très courageux d'être anti-Trump aujourd'hui aux Etats-Unis", fait-il remarquer. Et puis, dans le cas de Megan Rapinoe, "son activisme est compatible avec le système: elle défend les minorités, les droits des femmes à être payées comme les hommes mais elle ne remet pas en cause le système capitaliste", poursuit l'enseignant-chercheur.
Elle est sponsorisée par de grosses multinationales comme Nike ou Visa. "La vraie athlète rebelle, c'est celle qui refuse", estime-t-il.
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AFP/Archives / FRANCK FIFE L'attaquante américaine Megan Rapinoe avant la demi-finale du Mondial face à l'Angleterre, à Decines-Charpieu, le 2 juillet 2019