Négociation télétravail : syndicats et patronat veulent aller vite

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Négociation télétravail : syndicats et patronat veulent aller vite.

Paris (AFP) - Les partenaires sociaux ont entamé mardi la complexe négociation sur le télétravail, souhaitant aller vite en programmant une réunion conclusive le 23 novembre, que les syndicats espèrent voir déboucher sur un accord national encadrant notamment la charge de travail ou les frais professionnels, tandis que le patronat est plus réticent.

Les discussions se sont tenues dans un "état d'esprit constructif et responsable", a assuré Hubert Mongon, le négociateur du Medef, lors d'un point presse à l'issue de la réunion, qui a duré trois heures.

Un plan d'accord sera soumis par le Medef aux négociateurs d'ici la fin de la semaine. Ce document fera apparaître les principaux chapitres (sept au total) et les points à négocier, dont le bénévolat, la cohésion sociale, le volontariat, la réversibilité, l'éligibilité d'un poste au télétravail, la charge de travail, les frais professionnels, la formation des manageurs, l'isolement des salariés, le handicap ou encore l'intégration des nouveaux collaborateurs. Le télétravail exercé en temps de crise sera abordé dans le septième chapitre.

Depuis vendredi et pour la période de confinement, le temps de télétravail a été "porté à 100% pour les salariés qui peuvent effectuer l'ensemble de leurs tâches à distance", selon le protocole national sanitaire en entreprise remis à jour après l'allocution télévisée d'Emmanuel Macron mercredi.

"Le télétravail n'est pas une option" pendant le confinement, insiste depuis quelques jours Élisabeth Borne, la ministre du Travail, exhortant les partenaires sociaux à "avancer rapidement sur cet accord" qui "pourra donner des repères à toutes les entreprises".

Rien n'est moins sûr, tant les positions entre les syndicats et le patronat divergent sur la nécessité d'encadrer davantage ce mode de travail.

"Il n'y a rien eu de concret", a regretté Jean-François Foucard (CFE-CGC) après la réunion, espérant que le document final aborde la question de la charge de travail, du remboursement des frais et de la restauration.

Catherine Pinchaut (CFDT), a énuméré quelques "noeuds" de désaccord avec le patronat, à commencer par la définition même d'une activité "télétravaillable". Alors que le Medef estime que ce point doit relever de la responsabilité de l'employeur, la CFDT considère que l'accord national interprofessionnel (ANI) doit préciser "finement" ce qui est "télétravaillable".

Autres "points qui fâchent" les parties: la déconnexion et l'articulation vie personnelle - vie professionnelle. "Le patronat part du principe que tout est excessivement clair en matière juridique, ce qui n'est pas notre perception", a-t-elle souligné.

Jusqu'à cinq millions de salariés ont recouru au télétravail au moment du premier confinement. Mi-octobre, avant sa nouvelle généralisation, près de 1,8 million de personnes travaillaient à domicile. Près de 600 accords de télétravail ont été signés depuis le début de l'année, selon le Medef.

Si le patronat a fini par accepter une négociation, censée aboutir à un ANI, le Medef a d'emblée fixé ses conditions : le document ne sera "ni prescriptif" "ni normatif", c'est-à-dire non contraignant.

This article was published Wednesday, 4 November, 2020 by AFP (475 words)
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Une femme télétravaille depuis son logement à Nice en mai 2020 © AFP/Archives VALERY HACHE


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