Sarkozy et des avocats vilipendent les investigations du Parquet financier

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Sarkozy et des avocats vilipendent les investigations du Parquet financier.

Paris (AFP) - Nicolas Sarkozy et des ténors du barreau ont vilipendé les investigations d'ampleur révélées jeudi pour tenter d'identifier une "taupe" dans l'affaire dites des "écoutes", nouvel épisode difficile pour le parquet financier déjà sous le feu des critiques dans l'affaire Fillon ou Kohler.

L'hebdomadaire Le Point a révélé le contenu et l'étendue des investigations menées dans le cadre d'une enquête préliminaire, parallèle à l'information judiciaire sur l'affaire des "écoutes".

Le Parquet national Financier (PNF) a confirmé à l'AFP avoir classé sans suite en décembre 2019 cette enquête ouverte le 4 mars 2014 pour "violation du secret professionnel".

Selon l'hebdomadaire, les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) ont un temps épluché les factures téléphoniques détaillées ("fadettes") de nombreux ténors du barreaux et de leurs collaborateurs, parmi lesquels Mes Eric Dupond-Moretti, Jean Veil, Jacqueline Laffont, Pierre Haïk, Hervé Témime ou Marie-Alix Canu-Bernard mais aussi d'une magistrate ou des lignes fixes du PNF. Certains avocats ont même été géolocalisés.

"Demander des +fadettes+ est juridiquement possible en enquête préliminaire sans que la loi n'impose d'informer le bâtonnier", a souligné le PNF.

Objectif : retrouver la taupe éventuelle au sein de la magistrature qui aurait fait fuiter l'existence d'écoutes visant MM. Sarkozy et Herzog. Ces personnes ont pour point commun d'avoir été, de près ou de loin, en contact avec Me Herzog le 25 février 2014, jour lui et Nicolas Sarkozy auraient, selon les enquêteurs, compris que la fameuse ligne téléphonique "Paul Bismuth" était écoutée.

Ces nouvelles critiques interviennent au moment l'indépendance du parquet financier, créé sous la présidence de François Hollande, est mise en cause.

Il y a quelques jours, Eliane Houlette, à sa tête jusque fin juin 2019, a affirmé avoir subi des "pressions" procédurales de la part du parquet général dans la conduite de l'affaire Fillon, des déclarations interprétées par le camp de l'ex-candidat à la présidentielle comme l'aveu de pressions politiques pour mettre en cause leur champion.

Plus récemment encore, le PNF a été accusé d'avoir classé sans suite une enquête visant le bras droit d'Emmanuel Macron, Alexis Kohler, après une lettre du chef de l'Etat à décharge.

  - "Dysfonctionnements" -

Les principaux concernés, qui pour la plupart avaient appris en début d'année avoir été surveillés, ont réagi vivement. "Je n'exprime qu'une seule demande : le respect de l'Etat de droit" a tweeté Nicolas Sarkozy évoquant une "invraisemblable accumulation de manquements et de dysfonctionnements".

"Jai limpression que ce PNF, cest devenu une officine", a déclaré sur RTL son ex-garde des Sceaux, Rachida Dati.

Le bâtonnier de Paris Me Olivier Cousi a annoncé à l'AFP une action en justice après cette enquête "hors normes".

Les ténors du barreau concernés se sont également insurgés. Me Dupond-Moretti a annoncé une "plainte". "Une atteinte à ce qu'est censé représenter la magistrature" pour Me Canu-Bernard, "injustifiable" pour Me Laffont.

Dans cette affaire des "écoutes", l'ancien chef de l'Etat est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir début 2014, par l'entremise de Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de l'ancien haut magistrat à la Cour de cassation Gilbert Azibert dans une procédure en marge de l'affaire Bettencourt, en échange d'un coup de pouce pour un poste à Monaco.

Ces soupçons sont nés d'interceptions de conversations téléphoniques de Nicolas Sarkozy avec son avocat pour une autre enquête, celle sur les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007.

Les policiers avaient alors découvert que Nicolas Sarkozy utilisait un portable secret ouvert sous l'alias "Paul Bismuth". Ces écoutes, socle de l'accusation, avaient été validées par la Cour de cassation en mars 2016.

L'ampleur des investigations du PNF pour trouver la "taupe" supposée "montre l'aspect désespéré de la procédure, on va chercher jusqu'au bout du monde des preuves qui n'existent pas" a réagi à l'AFP Me Paul-Albert Iweins, avocat de Me Herzog.

This article was published Friday, 26 June, 2020 by AFP (627 words)
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Portrait de Nicolas Satkozy le 18 octobre 2016, à Paris © AFP/Archives JOEL SAGET


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