Traduire Dante 700 ans après, la consécration des italianistes

Si vous ne connaissez pas un mot, surlignez-le avec votre souris et cliquez sur “Translate” pour le traduire dans la langue de votre choix.


Traduire Dante 700 ans après, la consécration des italianistes.

Paris (AFP) - Traduire "La Divine Comédie" de Dante, 700 ans après sa mort en 1321, est la consécration des grands italianistes, confrontés à des choix difficiles face à l'exubérance poétique et verbale du père de l'italien moderne.

Les traductions françaises se sont multipliées ces dernières décennies, à partir du texte composé au début du XIVe siècle par un auteur qu'adulaient Balzac et Baudelaire.

La première et grande question qui se pose reste débattue : doit-on versifier en français, pour tenter de respecter la musique de ce poème médiéval, ou est-ce un choix absurde qui amène à tordre le sens ?

Danièle Robert, dont la traduction est sortie en un volume en poche mercredi (éditions Babel), versifie en partie. Elle respecte la structure des rimes, dans des vers de longueur inégale, proches du décasyllabe.

"Je me suis attachée à respecter au maximum les choix faits par Dante. Il a inventé une structure qui n'existait nulle part ailleurs", explique-t-elle à l'AFP. Il s'agit de la "terza rima" (tierce rime), "sorte de tresse qui évite la monotonie" et "référence à la Trinité". A savoir que chaque rime est reprise dans le tiercet suivant : une disposition en ABA-BCB-CDC, etc.

"Si j'avais éliminé cette structure, qui fonde le sens de l'oeuvre, j'aurais eu l'impression que ce sens manquait, que je ne m'inscrivais pas dans la voix et le mouvement du poète. Mais il y a eu tout un courant de pensée pour dire que c'était impossible, que ça réclamait une gymnastique trop complexe, ou que l'on s'éloignait trop du texte", ajoute la traductrice.

C'est l'avis d'une autre traductrice, la poétesse Jacqueline Risset, qui dénonçait dans ces rimes françaises "une impression de mécanicité redondante, ce qui trahit et méconnaît un autre aspect du texte de Dante, peut-être encore plus essentiel, celui de l'invention souveraine".

This article was published Thursday, 11 March, 2021 by AFP (302 words)
Article complet réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'article, choisissez un abonnement
dd8de36c95a5f1f91b1ded287399812b03e89b34.jpg

La première édition imprimée de "La Divine Comédie" de Dante lors d'une exposition à Rome? le 30 mars 2016 © AFP/Archives ALBERTO PIZZOLI


Plus d'articles