Yang Joon-il, le retour du chanteur
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Yang Joon-il, le retour du chanteur.
Nous sommes en 1991, la pop a balayé le disco au cours de la décennie précédente et s’apprête à prendre un nouveau tournant, que le jeune chanteur Yang Joon-il a la ferme intention de ne pas manquer. Né à Saïgon en 1969, pendant la guerre, il a vécu son enfance entre le Japon, Hong Kong et son pays d’origine, la Corée du Sud, avant que ses parents s’installent à Los Angeles. À l’aube de la vingtaine, il décide de revenir en Corée du Sud pour y présenter son premier album, Voyageur d’hiver, qui intègre de l’anglais aux paroles en coréen.
Si les refrains en anglais dans les tubes de k-pop sont aujourd’hui monnaie courante, voire essentiels pour en assurer le succès, la société conservatrice de l’époque ne l’entendait pas de cette oreille. À cela s’ajoutait son style bien banal pour la scène pop de notre époque, mais outrageux pour cette époque : maquillage, vêtements colorés, cheveux longs… Yang Joon-il incarnait l’avenir de la pop coréenne, mais fit surtout ressortir le sexisme et le racisme de la Corée des années 1990, qui ne tolérait pas qu’un homme joue avec les codes vestimentaires et parle anglais dans ses chansons et sur les plateaux, dont il fut rapidement exclu.
Sa carrière s’arrêta en 1993, reprit brièvement en 2001 sous pseudonyme, par peur de se voir à nouveau exclure de la scène musicale, puis le chanteur abandonna définitivement ses rêves… pensait-il. Car en 2019, la Corée le redécouvre et l’érige en pionnier de la k-pop, lui ouvrant par là les portes de l’industrie musicale, qui l’accueille cette fois-ci à bras ouverts. À 50 ans, il impressionne par sa forme et réalise finalement son rêve… 30 ans plus tard !
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