Un plan trop parfait (1min17)
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Un plan trop parfait.
À partir de 1969, des loutres de mer originaires d’Alaska ont été entassées dans des avions et ont fait un long voyage vers le Sud, en direction de la province canadienne de Colombie-Britannique. Ce déracinement était l’œuvre de biologistes canadiens et américains qui avaient un plan, dont ils n’ont pas discuté avec les natifs de cette région. L’idée était d’y réintroduire les loutres pour qu’elles y fondent une nouvelle colonie, l’espèce ayant disparu de la province en 1929.
Ces carnivores marins sont ainsi passés de 89 à plus de 7 000, ce qui aurait pu être une bonne nouvelle… mais ne l’est en fait pas, car le plan initial s’est révélé trop réussi pour le bien des populations locales. Car le nombre croissant de loutres a engendré la raréfaction de leurs proies, notamment les crabes, palourdes, ormeaux et autres mollusques. Dans l’année qui a suivi leur arrivée sur des sites auparavant inoccupés de la côte centrale de la Colombie-Britannique, on a constaté une chute du nombre d’oursins et d’ormeaux.
Confrontées à des taux de survie plus bas de leurs petits en raison du manque de nourriture, les loutres ont donc étendu leur territoire de chasse et colonisé des zones qui n’étaient à l’origine pas les leurs. Or certaines communautés côtières de la région, qui habitent encore aujourd’hui à plusieurs heures de voiture de la ville la plus proche, dépendent de la pêche de crustacés. La réintroduction des loutres fut ainsi un succès, mais au prix de la qualité de vie des indigènes.
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