De grammaire et de migration
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De grammaire et de migration.
Début septembre, la prestigieuse revue Science a publié une étude ADN d’une ampleur sans précédent dont l’objectif était de comprendre l’origine des langues indo-européennes. De prime abord, cette association semble effectivement étonnante : quel rapport pourrait-il y avoir entre l’hindi et l’anglais ? Pourtant, ces deux langues appartiennent à la même famille linguistique et comportent ainsi des ressemblances de vocabulaire et de syntaxe, entre autres.
C’est dans l’optique de comprendre cette proximité qu’une équipe de scientifiques a comparé l’ADN de 524 anciens humains d’Asie centrale à celui des quelques 1 500 déjà analysés et issus d’Europe et d’Asie. Les résultats laissent peu de place au doute : ces similitudes sont dues à des migrations de peuples des steppes eurasiennes, à l’ouest vers l’Europe, et à l’est vers l’Asie.
Cette découverte infirme l’hypothèse selon laquelle le chemin emprunté par les langues indo-européennes vers l’Asie aurait été celui des fermiers d’Anatolie. Les analyses génétiques montrent en effet que les locuteurs des branches indo-iraniennes et balto-slaves descendent du même peuple des steppes. Ces conclusions mettent également en avant l’importance de l’adaptation, puisque l’on aurait peine à imaginer qu’un slave et un iranien partagent le même patrimoine génétique… De prime abord, encore une fois !
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