En plein ultracrépidarianisme

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En plein ultracrépidarianisme.

La crise du COVID-19 bat son plein et, avec elle, une tendance aussi néfaste quinquiétante qui avait déjà envahi les médias plus discrètement, avant que leur public ne soit contraint de séduquer par la force des événements. En quelques semaines, plus de la moitié de la population mondiale a appris ce quétait un coronavirus, a peut-être approfondi ses connaissances sur le système immunitaire et a surtout découvert quun consensus scientifique est loin dêtre chose facile

Et ce sont ces connaissances nouvellement acquises qui lui permettent de douter ou de remettre en cause les informations dont les médias labreuvent, créant ainsi un climat de défiance à lheure lon sen passerait bien. Car il semblerait que les spécialistes des coronavirus fleurissent à tous les coins de rue, peu importe quils soient chroniqueurs politiques ou ophtalmologues de profession. Cette propension à donner son avis sur un sujet quon ne maîtrise pas particulièrement porte un nom : lultracrépidarianisme.

Le mot vient de la locution latine Sutor, ne supra crepidam, autrement dit « Cordonnier, pas plus haut que la chaussure », qui rappelle à tout un chacun que les domaines de spécialité sont, précisément, des domaines de spécialité, par conséquent maîtrisés par les spécialisteset par personne dautre. Et sil semble raisonnable de penser que lorsque les spécialistes nont pas de certitudes sur une question, cest quelle nécessite davantage de réflexion et de travail de leur part, il apparaît quune telle incertitude donne des envies incontrôlables dultracrépidarianisme.

This article was published Tuesday, 5 May, 2020 by AFP (243 words)
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