La brinicle ou le doigt glacé de la mort
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La brinicle ou le doigt glacé de la mort.
Les consonances étranges de la brinicle viennent de son origine étymologique anglaise et du fait qu’il s’agit d’un mot-valise composé de « brine » (saumure) et de « icicle » (stalactite), une combinaison qui décrit très bien ce qu’est une brinicle : une stalactite d’eau salée. Comme les formations suspendues au plafond des grottes, les brinicles se forment de haut en bas, mais… dans la mer. Le phénomène de formation d’une brinicle a été filmé pour la première fois en 2011 par une équipe de la BBC et vaut le détour, en plus de donner une petite idée de la raison pour laquelle la brinicle est aussi surnommée « le doigt glacé de la mort ».
Lorsque l’eau de mer gèle, une partie de son sel est expulsée, créant ainsi autour de cette eau gelée des concentrés de saumure (eau à la salinité supérieure à 5 %) qui sont plus denses que l’eau de mer, ce qui fait qu’ils s’y enfoncent, et dont le point de congélation est plus bas que l’eau environnante. Lorsque ce panache est à une température inférieure au point de congélation de l’eau de mer et qu’il entre en contact avec elle, cela provoque la formation instantanée de glace autour de ce flux, créant ainsi une stalactite creuse.
Si la brinicle est suffisamment épaisse, elle s’auto-entretient, car la glace qui s’accumule autour du flux froid descendant constitue une couche isolante qui empêche cette saumure de se réchauffer et de perdre en salinité, lui permettant de continuer à descendre et donc de congeler davantage d’eau, allongeant ainsi la brinicle. Si celle-ci atteint le fond marin, elle s’y accumule après avoir atteint le point le plus bas ou s’y déplace tout du long jusqu’à y parvenir, gelant les étoiles de mer et les oursins sur son passage, qui meurent bien souvent de froid.
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