Les bras manquants du groupe du Laocoon
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Les bras manquants du groupe du Laocoon.
En janvier 1506, à Rome, non loin du Colisée, les terres d’un vignoble révèlent un groupe de statues en marbre de près de 2 m 40 de haut, représentant la figure mythologique Laocoon, accompagné de ses deux fils. Informé de cette découverte exceptionnelle, le pape Jules II envoie des artistes sur le site du déterrement, dont Michel-Ange et un architecte, et finit par acheter le groupe du Laocoon, malgré l’absence notable des bras droits de Laocoon et d’un de ses fils, et de diverses sections du serpent qui les attaque.
Les artistes et les connaisseurs commencent alors à débattre sur les parties manquantes : Michel-Ange suggère que les bras droits manquants étaient à l’origine repliés sur l’épaule des personnages, tandis que d’autres estiment qu’il est plus approprié de montrer les bras droits tendus vers l’extérieur dans un geste héroïque. Vers 1510, Bramante, l’architecte du pape, organise un concours informel entre sculpteurs pour combler les vides de ces bras droits. Le concours est jugé par Raphaël et remporté par Jacopo Sansovino, qui propose des bras en position tendue. Sa version est ainsi utilisée dans des copies, sans jamais être attachée au groupe original.
En 1906, Ludwig Pollak, archéologue et marchand d’art, découvre un fragment de bras en marbre dans une cour de chantier à Rome, près de l’endroit où le groupe a été déterré. Constatant une similitude stylistique avec le groupe du Laocoon, il le présente aux musées du Vatican, qui le conservent pendant un demi-siècle, avant de déclarer officiellement que ce bras appartient bien au groupe du Laocoon. Or ce bras est plié, donnant ainsi raison à Michel-Ange quatre cents ans plus tard. Mieux vaut tard que jamais.
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