Les tablettes de défixion : malédiction à la mode antique
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Les tablettes de défixion : malédiction à la mode antique.
Au cours de leurs fouilles, les archéologues spécialistes de l’Antiquité européenne découvrent régulièrement de petites tablettes en plomb, généralement larges d’une douzaine de centimètres et longues de huit, sur lesquelles se trouvent des malédictions. Les inscriptions qui s’y trouvent demandent l’aide d’une ou plusieurs divinités ou évoquent des rituels destinés à influencer, blesser, voire tuer les personnes faisant l’objet de cette malédiction. Les tablettes étaient ainsi souvent percées de clous, sur le même principe que les célèbres poupées vaudous. Ces sorts prennent d’ailleurs parfois la forme de figurines humaines, appelées figurines de défixion, censées représenter la victime et percées de trous, ligotées et mutilées.
Les raisons et les objectifs de ces malédictions étaient divers : embrouiller l’esprit d’un procureur ou d’un avocat lors d’un procès afin de le remporter, blesser un adversaire de course de char ou de combat de gladiateurs, nuire à un acteur qui pourrait obtenir un rôle à la place du lanceur de la malédiction… mais pas que. Les tablettes de défixion servaient également à attirer un partenaire amoureux désiré, ou à se débarrasser d’un rival plus beau ou plus riche.
En plus de permettre d’en savoir davantage sur les pratiques magiques de l’époque, elles sont une source importante pour la reconstruction de la langue latine parlée, car la majorité d’entre elles est rédigée en latin vulgaire. Enfin, l’utilisation du plomb pour les fabriquer n’est (presque) pas le fruit du hasard. Tout d’abord, ce métal étant un sous-produit de l’argent, il était facilement trouvable. Plus intéressant, ses propriétés particulières, comme sa lourdeur, sa froideur et sa toxicité, ainsi que son association à l’inutilité et au manque de valeur, en font le matériau idéal pour y graver des malédictions.
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